« Il avait perdu quelque chose puis l’a retrouvée ». Je ne saurais dire ce qui fut le plus rapide : la fin de ses mots ou le moment où je vis mon enfant dans la litière de quelques habitants de La Mecque ; je le reconnus à sa voix.
Ainsi, la parole du Messager ﷺ : « Il n’existe pas de ṭiyara ; le meilleur des présages est le faʾl » écarte (1) du faʾl toute conception propre à la ṭiyara — qu’il s’agisse d’un pouvoir d’influence, d’un acte à accomplir ou d’une forme de polythéisme — et le purifie de ces souillures.
Distinguer l’un de l’autre est d’un immense bienfait : la ṭiyara consiste à se laisser gagner par le mauvais pressentiment à cause de ce que l’on voit ou entend. Si quelqu’un la pratique au point de rebrousser chemin lors d’un voyage ou d’abandonner un projet arrêté, il frappe alors à la porte du polythéisme, voire y entre, se détournant du tawakkul (la confiance) envers Dieu. Il ouvre devant lui la porte de la peur, de l’attachement à autre que Dieu et d’une superstition qui le fait redouter tout ce qu’il voit ou entend. Cela le coupe de la station coranique : « C’est Toi que nous adorons et c’est Toi que nous implorons pour aide », de l’ordre divin : « Adore-Le donc et place ta confiance en Lui », et de l’aveu : « En Lui je place ma confiance et vers Lui je me tourne ». Son cœur s’attache alors à autre que Dieu dans l’adoration et la confiance ; son cœur, sa foi et son état se corrompent. Il devient la cible des flèches de la ṭiyara, assailli de toutes parts ; Satan lui suscite, par ce biais, ce qui ruine sa religion et sa vie d’ici-bas. Combien de gens ont ainsi péri, perdant la vie présente et la dernière !
Qu’y a-t-il de commun entre cette attitude et le faʾl vertueux, qui réjouit les cœurs, soutient les espérances (2), ouvre la porte de l’espoir, apaise la crainte, raffermit la résolution, pousse à solliciter l’aide de Dieu et à se confier à Lui, répand la bonne nouvelle qui fortifie l’espérance et réjouit l’âme ? Le faʾl est l’antithèse de la ṭiyara.
Le faʾl conduit celui qui le pratique à l’obéissance et à l’unicité, tandis que la ṭiyara mène son adepte à la désobéissance et au polythéisme. C’est pour cette raison que le Prophète ﷺ a recommandé le faʾl et aboli la ṭiyara.