Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Les gens demeurèrent ainsi jusqu’à ce que Dieu fît advenir l’islam et Muhammad, Son Messager ﷺ, qui distingua la bonne direction de l’égarement, l’erreur de la rectitude, le beau du laid, l’aimé du détesté, l’utile du nuisible, le vrai du faux. Il réprouva la ṭiyara (le mauvais augure) et l’abolit, tandis qu’il recommanda le faʾl (le bon présage) et en fit l’éloge. Il déclara : « Il n’existe pas de ṭiyara ; le meilleur des présages est le faʾl. » On lui demanda : « Qu’est-ce que le faʾl ? » Il répondit : « Une bonne parole que l’un de vous entend. »

ʿAbd Allâh ibn ʿAbbâs a dit : « Il n’y a pas de ṭiyara, mais bien le faʾl ; le faʾl spontané consiste à entendre des noms tels que Yasâr (“aisance”), Sâlim (“sain et sauf”) et autres, qui se présentent à toi sans que tu les aies recherchés. » (1)

On interrogea l’un des savants au sujet du faʾl. Il répondit : « C’est, lorsque tu as perdu un chameau ou quelque chose d’autre, d’entendre : “ya Wājid !” (ô toi qui trouves), ou, quand tu es effrayé, d’entendre : “ya Sâlim !” (ô sain et sauf). » (2)

Al-Aṣmaʿî rapporte : « J’ai demandé à Ibn ʿAwn ce qu’était le faʾl. Il répondit : “Qu’un malade entende : ‘ya Sâlim !’ (ô sain et sauf).” » (3)

Je vais, pour ma part, te raconter un fait à ce sujet. Le jour de Tarwiyah, à La Mecque, j’ai perdu l’un de mes enfants, encore petit. J’ai multiplié les recherches et les appels dans toute la caravane jusqu’au huitième jour, sans obtenir la moindre nouvelle ; j’avais désespéré de le retrouver. Quelqu’un me dit alors : « C’est de l’impuissance ; monte à cheval, entre maintenant dans La Mecque et cherche-le là-bas. » Je montai donc ma monture et, à peine avais-je rencontré un groupe de personnes qui bavardaient dans l’obscurité de la nuit, sur la route, que l’un d’eux s’exclama :

(1) Rapporté par Ibn Wahb dans al-Jamiʿ, n° 624, avec une chaîne de transmission très faible. (2) Voir : al-Hayawân, vol. 3, p. 461. (3) Rapporté par Ibn Qutayba dans Taʾwîl mukhtalif al-ḥadîth, p. 84 ; par al-Khattâbî dans Gharîb al-ḥadîth, t. 1, p. 183, et dans Maʿâlim al-sunan, t. 4, p. 235 ; ainsi que par Ibn ʿAbd al-Barr dans al-Tamhîd, t. 24, p. 192.
وكان القومُ على ذلك إلى أن جاء الله بالإسلام ومحمَّد رسوله ﷺ، ففرَّق بين الهدى والضلال، والغيِّ والرشاد، وبين الحسَن والقبيح، والمحبوب والمكروه، والنافع والضار، والحقِّ والباطل، فكره الطِّيَرةَ وأبطَلها، واستحبَّ الفأل وحَمِدَه، فقال: «لا طِيَرة، وخيرُها الفأل»، قالوا: وما الفأل؟ قال: «الكلمةُ الصالحةُ يسمعُها أحدُكم». وقال عبد الله بن عباس: «لا طِيَرة، ولكنَّه فأل، والفألُ المُرْسَل: يسار، وسالم، ونحوه من الاسم، يَعْرِضُ لك على غير ميعاد» (١). وسئل بعضُ العلماء عن الفأل؟ فقال: أن تسمعَ وأنت قد أضللتَ بعيرًا أو شيئًا: يا واجِد، أو وأنت خائف: يا سالم (٢). وقال الأصمعي: سألتُ ابن عونٍ عن الفأل؟ فقال: أن يكون مريضًا فيسمع: يا سالم (٣). وأخبِرك عن نفسي بقضيَّةٍ من ذلك، وهي أني أضللتُ بعض الأولاد يوم التَّروية بمكَّة وكان طفلًا، فجَهِدْتُ في طلبه والنِّداء عليه في سائر الرَّكْب إلى وقت يوم الثامن، فلم أقْدِر له على خبر، فأيستُ منه، فقال لي إنسان: إنَّ هذا عَجْز، اركب وادخُل الآن إلى مكَّة فتطلَّبه فيها، فركبتُ فرسًا، فما هو إلا أن استقبلتُ جماعةً يتحدَّثون في سَواد الليل في الطريق وأحدُهم يقول:
(١) أخرجه ابن وهب في «الجامع» (٦٢٤) بإسنادٍ ضعيف جدًّا. (٢) انظر: «الحيوان» (٣/ ٤٦١). (٣) أخرجه ابن قتيبة في «تأويل مختلف الحديث» (٨٤)، والخطابي في «غريب الحديث» (١/ ١٨٣)، و «معالم السنن» (٤/ ٢٣٥)، وابن عبد البر في «التمهيد» (٢٤/ ١٩٢).

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