produire l’un plutôt que l’autre n’a aucune assise (1).
C’est là (2) la parole de celui que la guidée a laissé aveugle et dont l’oreille est demeurée sourde à l’entendre. Or, la direction ne s’obtient que des paroles du Messager d’Allah ﷺ : leurs expressions rayonnent dans la poitrine de quiconque les accueille avec foi et agrément, se soumet à elles par l’écoute et l’obéissance, les reçoit avec satisfaction et abandon, et sait qu’elles constituent la source même de la guidée et la fontaine de la vérité.
Nous — par la grâce d’Allah (3) — exposerons donc, pour celui à qui la chose reste confuse, la distinction entre les deux, l’utilité du faʾl (bon augure) et le préjudice de la ṭiyarah (superstition). En effet, bien que faʾl et ṭiyarah procèdent d’une même origine et soient cueillis d’un même terrain, ils divergent par l’intention et se séparent par la démarche : tout ce qui est agréable et apprécié, on l’interprète favorablement, on l’appelle faʾl, on l’aime et on s’en satisfait (4) ; tandis que ce qui est détestable, repoussant et aversif, on s’en présage du mal, on le hait et on s’en effraie, on l’appelle ṭiyarah, afin de distinguer les deux situations et de différencier les deux visages.
On interrogea un sage : « Pourquoi rejetez-vous la superstition alors que vous appréciez le bon augure ? » Il répondit : « Le faʾl nous offre une heureuse annonce immédiate, fût-elle en dessous de l’espérance ; quant à la ṭiyarah, nous la détestons parce que l’angoisse qu’elle fait naître pèse sur nos cœurs. »
Cette distinction est déjà très pertinente, et plus belle encore est la formule d’Ibn al-Rūmī : « Le bon augure est la langue du temps, la superstition l’étendard des calamités (5). »