Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

, nul bien hormis le Tien, nul Seigneur en dehors de Toi, et nulle force si ce n’est par Toi. » Kaʿb s’exclama alors : « Il est le plus érudit des Arabes ; par Allah, cette formule se trouve bel et bien dans la Torah. »

Ce penchant qu’Allah – exalté soit-Il – a inscrit dans la nature des hommes (1) et dans leurs dispositions innées, qui les porte à aimer les beaux noms et les paroles agréables, est comparable à l’attrait qu’Il leur a donné pour les paysages gracieux, les jardins lumineux, les eaux limpides, les couleurs chatoyantes, les senteurs suaves et les mets savoureux. Rien ne peut repousser cet élan ni détourner le cœur de lui ; il profite au croyant, réjouit son âme et la stimule, sans porter atteinte à sa foi ni à son tawḥîd (l’unicité).

Le Prophète ﷺ a indiqué, dans le hadith rapporté par Abû Hurayrah, que le bon augure (faʾl) relève de la superstition (ṭiyarah) tout en représentant ce qu’elle a de meilleur. Il a déclaré : « Il n’y a pas de superstition ; le meilleur en est le bon augure. » Par cette parole, il a abrogé la superstition tout en précisant que le faʾl en fait partie, mais qu’il en constitue l’aspect bénéfique. Il a donc distingué faʾl et ṭiyarah à cause de la différence – voire de l’opposition – qui les sépare, l’un étant profitable, l’autre nuisible.

De même, il a interdit les incantations entachées de polythéisme et a permis la ruqya lorsqu’elle n’en comporte aucun (2), parce qu’elle procure un avantage dénué de toute corruption.

Cette distinction s’est toutefois révélée difficile à saisir pour nombre de personnes qu’un voile épais empêche de reconnaître la vérité et la religion, dont la nature s’est durcie et l’intelligence obscurcie. Elles prétendent en effet : « Lorsque quelqu’un entend, par exemple : “Ô heureuse nouvelle !”, “Réjouis-toi !”, “N’aie pas peur !”, “Ô homme comblé !” ou expressions similaires, puis qu’il entend le contraire, il faut nécessairement que les deux formules produisent des effets analogues, ou qu’aucune d’elles n’en produise ; mais quant à produire… »

(1) (T) : « la nature des gens ». (2) Muslim, Ṣaḥīḥ, nº 2200, d’après ʿAwf b. Mālik al-Ashjaʿī.
ولا خيرَ إلا خيرُك، ولا ربَّ غيرُك، ولا قوَّة إلا بك، فقال كعب: إنه أفقهُ العرب، والله إنها لكذلك في التوراة. وهذا الذي جعله الله سبحانه في طِباع الناس (١) وغرائزهم من الإعجاب بالأسماء الحسنة، والألفاظ المحبوبة، هو نظيرُ ما جعَل في غرائزهم من الإعجاب بالمناظر الأنيقة، والرِّياض المُنوَّرَة، والمياه الصَّافية، والألوان الحسنة، والروائح الطيِّبة، والمطاعم المستلَذَّة، وذلك أمرٌ لا يمكنُ دفعُه، ولا يجدُ القلبُ عنه انصرافًا، فهو ينفعُ المؤمن، ويَسُرُّ نفسَه، وينشِّطُها، ولا يضرُّها في إيمانها وتوحيدها. وأخبر ﷺ في حديث أبي هريرة أنَّ الفأل من الطِّيَرة، وهو خيرُها، فقال: «لا طِيَرة، وخيرُها الفأل»، فأبطَل الطِّيَرة، وأخبر أنَّ الفأل منها، ولكنه خيرُها، ففصَل بين الفأل والطِّيَرة لما بينهما من الامتياز والتضادِّ ونَفْعِ أحدهما ومضرَّةِ الآخر. ونظيرُ هذا منعُه من الرُّقى بالشرك وإذنُه في الرُّقية إذا لم تكن شركًا (٢) لما فيها من المنفعة الخالية عن المفسدة. وقد اعتاصَ هذا الفُرقانُ على أفهام كثيرٍ ممَّن غَلُظ عن معرفة الحقِّ والدِّين حجابُه، وغَلُظ طبعُه، وكثُف عنه فهمُه، فقال: السَّامعُ إذا سمع مثلًا: يا بشَارة، أو: أبشِر، أو: لا تخَف، أو: يا نَجِيح، ونحوه، وسمعَ ضدَّ ذلك، فإمَّا أن يوجب الأمران ما يُشاكِلُهما، وإمَّا أن لا يوجبا شيئًا؛ فأمَّا أن يوجبَ
(١) (ت): «طبائع الناس». (٢) أخرجه مسلم (٢٢٠٠) من حديث عوف بن مالك الأشجعي.

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