Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Allah, exalté soit-Il, a inscrit dans la nature des hommes l’attirance pour l’audition d’un beau nom : ils l’aiment spontanément et leurs âmes s’y inclinent. Il y a également déposé la détente, la bonne nouvelle et la joie que procurent des appellations telles que salām (paix), falāḥ (prospérité), najāḥ (réussite), tahniʾah (félicitations), bushrā (heureuse annonce), fawz (succès), ẓafar (victoire), ghunm (butin), ribḥ (profit), ṭīb (tout ce qui est agréable), naïl al-umniyyah (accomplissement d’un vœu), farah (allégresse), ghawth (secours), ʿizz (gloire), ghinā (richesse) et autres expressions du même ordre.

Lorsque ces noms frappent l’oreille, l’âme s’en réjouit, la poitrine se dilate et le cœur s’en trouve affermi. À l’inverse, entendre leurs contraires produit l’effet opposé : la tristesse s’installe, la peur se réveille, la superstition (ṭiyarah) surgit, accompagnée de réticence et de repli qui détournent la personne de ce qu’elle se proposait de faire. Il en résulte pour elle un préjudice ici-bas, une diminution de la foi et une compromission avec le polythéisme.

C’est ce qu’a rapporté Abû ʿUmar dans al-Tamhîd (1), selon la chaîne suivante : al-Miqrāʾ, d’après Ibn Luhayʿah, lequel tient de Ibn Hubayrah, d’Abû ʿAbd al-Raḥmân al-Ḥublî, de ʿAbd Allâh ibn ʿAmr que le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – a dit : « Quiconque renonce à son affaire à cause d’un mauvais présage est tombé dans l’association. » On demanda : « Quelle en est l’expiation, ô Messager d’Allah ? » Il répondit : « Que l’un de vous dise : “Ô Allah, nul oiseau de mauvais augure hormis le Tien, nul bien en dehors du Tien, nul dieu si ce n’est Toi”, puis qu’il accomplisse ce qu’il avait à faire. »

Ibn Wahb (2) rapporte qu’Usâmah ibn Zayd lui a dit avoir entendu Nâfiʿ ibn Jubayr ibn Muṭʿim déclarer : Kaʿb al-Aḥbâr interrogea ʿAbd Allâh ibn ʿAmr : « Te laisses-tu influencer par un présage ? » – « Oui », répondit-il. Kaʿb reprit : « Que dis-tu alors lorsque cela t’arrive ? » – « Je dis : Ô Allah, nul oiseau de mauvais augure si ce n’est le Tien… »

(1) Voir 24/201 ; la question a déjà été traitée p. 1485. (2) Rapporté par al-Jami‘, n° 660, par Ibn Abî Shayba, 9/45 et 10/336, ainsi que par d’autres ; la chaîne de transmission est jugée fiable (ḥasan).
والله سبحانه قد جعل في غرائز الناس الإعجابَ بسماع الاسم الحسَن ومحبَّته وميلَ نفوسهم إليه، وكذلك جعل فيها الارتياحَ والاستبشارَ والسُّرورَ باسم السَّلام، والفلاح، والنجاح، والتهنئة، والبشرى، والفوز، والظَّفر، والغُنْم، والرِّبح، والطِّيب، ونيل الأمنية، والفرح، والغَوث، والعزِّ، والغنى، وأمثالها. فإذا قرعَت هذه الأسماءُ الأسماعَ استبشرَت بها النفس، وانشرحَ لها الصَّدر، وقويَ بها القلب، وإذا سمعَت أضدادَها أوجَب لها ضدَّ هذه الحال، فأحزنها ذلك وأثار لها خوفًا وطِيَرةً وانكماشًا وانقباضًا عمَّا قصدَت له وعزمَت عليه، فأورثَ لها ذلك ضررًا في الدنيا ونقصًا في الإيمان ومقارفةً للشرك. كما ذكره أبو عمر في «التمهيد» (١) من حديث المقراء، عن ابن لهيعة: حدَّثنا ابن هبيرة، عن أبي عبد الرحمن الحُبُلي، عن عبد الله بن عمرو، عن رسول الله ﷺ قال: «من أرجعَته الطِّيَرةُ من حاجته فقد أشرَك»، قال: وما كفَّارةُ ذلك يا رسول الله؟ قال: «أن يقول أحدُهم: اللهمَّ لا طيرَ إلا طيرُك، ولا خيرَ إلا خيرُك، ولا إلاه غيرُك، ثمَّ يمضي لحاجته». وذكر ابن وهبٍ (٢) قال: أخبرني أسامةُ بن زيد، قال: سمعتُ نافع بن جبير بن مطعم يقول: سأل كعبُ الأحبار عبد الله بن عمرو: هل تتطيَّر؟ فقال: نعم، قال: فكيف تقول إذا تطيَّرت؟ قال: أقول: اللهمَّ لا طيرَ إلا طيرُك،
(١) (٢٤/ ٢٠١). وتقدم الكلام عليه (ص: ١٤٨٥). (٢) في «الجامع» (٦٦٠)، وابن أبي شيبة (٩/ ٤٥، ١٠/ ٣٣٦)، وغيرهما، وإسناده حسن.

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