Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

En revanche, ceux qu’Allah a gratifiés de réussite et guidés (1) ont cru tout à la fois en Son décret et en Sa Loi, sans jamais les opposer l’un à l’autre. À leurs yeux, chacun confirme et corrobore l’autre : la Loi n’est rien d’autre que le détail explicite du décret, qui le révèle et en juge ; et le décret, pour sa part, est la source de la Loi, l’agent de son exécution, son témoin et sa caution. Sans le décret, la Loi n’aurait ni existence, ni réalisation, ni consistance ; sans la Loi, le décret ne se distinguerait pas, et ses degrés comme ses modalités resteraient voilés. Le décret manifeste donc la Loi, et la Loi en est l’explication détaillée. Or, à Allah appartiennent la création et l’ordre : Il est constamment Créateur et Prescripteur. Son ordre déploie Son décret, et Son décret exécute Son ordre.

Quiconque saisit cela avec clairvoyance et dont l’œil du cœur s’ouvre comprend le secret du lien qui unit les causes à leurs effets et la façon dont elles agissent en eux ; il sait que s’en prendre aux causes ou les abolir revient à abolir le commandement divin lui-même. Il réalise aussi que la perfection du tawḥîd (l’unicité) réside dans l’affirmation des causes, et non que leur affirmation porte atteinte (2) à l’unicité, comme l’ont prétendu ceux qui les nient. Ces derniers ont fait de la négation des causes une condition du tawḥîd ; ils ont ainsi porté préjudice tant à l’unicité qu’à la sharia, choisi de démentir les sens et la raison, et sombré dans toutes sortes de dénégations obstinées qui ont donné prise aux ennemis de la sharia. Ces adversaires en sont venus à la déprécier, prétendant qu’elle n’est que discours rhétorique, persuasion et polémique, dépourvue de force démonstrative. Le mal s’est alors amplifié, la situation s’est aggravée et l’épreuve est devenue plus cuisante pour les deux groupes (3). On a d’ailleurs dit : « Un ennemi intelligent vaut mieux qu’un ami ignorant. »

Quant à nous – louange à Allah –, nous allons exposer cette question et l’éclaircir de telle sorte que

(1) Le manuscrit T lit : «al-muhadhdhabun». (2) Le manuscrit Q lit : «naqṣ» (mot écrit avec la lettre muhmala, c.-à-d. sans point). (3) Sur les mutakallimun (théologiens spéculatifs) et les philosophes ; voir : Tahafut al-fâlasifa, p. 239 ; Tahafut al-tahafut, t. 2, p. 781, ainsi que supra, p. 1418 et 1421.
لكنْ الموفَّقون المهديُّون (١) آمنوا بقدر الله وشرعه، ولم يعارِضوا أحدَهما بالآخر، بل صدَّق كلٌّ منهما الآخر عندهم وقرَّره، فكان الأمرُ تفصيلًا للقَدَر وكاشفًا عنه وحاكمًا عليه، والقدرُ أصلٌ للأمر، ومنفذٌ له، وشاهدٌ له، ومصدِّقٌ له، فلولا القدرُ لما وُجِدَ الأمرُ ولا تحقَّق ولا قام على ساقِه، ولولا الأمرُ لما تميَّز القدرُ ولا تبيَّنت مراتبه وتصاريفُه، فالقدرُ مظهرٌ للأمر، والأمرُ تفصيلٌ له، والله سبحانه له الخلقُ والأمر، فلا يكونُ إلا خالقًا آمرًا، فأمرُه تصريفٌ لقدره، وقدرُه منفذٌ لأمره. ومن أبصرَ هذا حقَّ البصر، وانفتحت له عينُ قلبه؛ تبيَّن له سرُّ ارتباط الأسباب بمسبَّباتها وجرَيانها فيها، وأنَّ القدحَ فيها وإبطالها إبطالٌ للأمر، وتبيَّن له أنَّ كمالَ التوحيد بإثبات الأسباب، لا أنَّ إثباتَها نقضٌ (٢) للتوحيد كما زعَم منكروها، حيث جعلوا إبطالَها من لوازم التوحيد، فجَنَوا على التوحيد والشرع، والتزموا تكذيبَ الحِسِّ والعقل، ووقعوا في أنواعٍ من المكابرة سلَّطت عليهم أعداءَ الشريعة، وأوجبَت لهم أن أساؤوا بها الظنَّ وتنقَّصوها وزعموا أنها خطابيَّةٌ وإقناعيَّةٌ وجدليَّة، لا برهانيَّة، فعَظُمَ الخَطب، وتفاقَم الأمر، واشتدَّت البليَّةُ بالطائفتين (٣)، وقد قيل: إنَّ العدوَّ العاقل خيرٌ من الصَّديق الجاهل. ونحن ــ بحمد الله ــ نبيِّنُ الأمرَ في ذلك، ونوضِّحُه إيضاحًا يتبيَّن به
(١) (ت): «المهذبون». (٢) (ق): «نقص». بالمهملة. (٣) المتكلمين، والفلاسفة. انظر: «تهافت الفلاسفة» (٢٣٩)، و «تهافت التهافت» (٢/ ٧٨١)، وما تقدم (ص: ١٤١٨، ١٤٢١).

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