Ils vont même jusqu’à dire : « La plus grande part de ces faits n’est qu’un tissu de chimères et d’illusions logées dans l’âme ; celle-ci y réagit comme réagissent ceux qui vivent de leur imagination, les malades ou les esprits en proie au délire. Il n’y a, pensent-ils, absolument rien au-delà de cela. »
Tel est le chemin des négateurs des causes et de la relation des effets à celles-ci ; c’est également la réponse avancée par nombre de théologiens spéculatifs (1).
Le second chemin est celui de ceux qui affirment résolument ces phénomènes, y croient et s’y adonnent ; ils les jugent plus puissants encore que les causes sensibles, ou du moins leur équivalent, et ne prêtent aucune attention aux objections formulées contre eux ; à leurs yeux, mettre ces phénomènes en doute revient à contester l’évidence des sens ou les vérités premières.
Quant à nous, nous n’empruntons ni la voie des uns ni celle des autres. Nous suivons la voie du juste milieu et de l’équité, fuyant l’injustice et la déviation ; nous ne rendons pas caduque la Loi révélée au nom du décret, pas plus que nous ne nions le décret sous prétexte de la Loi. Nous croyons à tout ce qu’Allah a décrété et attestons la véracité de Sa Loi : nous attestons Son jugement, Sa prédestination, Sa législation et Son commandement. Jamais nous ne les opposons l’un à l’autre au point d’annuler les causes qu’Il a instaurées ou de mettre en cause la sharia révélée, comme l’ont fait les deux groupes égarés.
L’un d’eux a invalidé les causes qu’Allah a instituées au nom de ce qu’il pensait avoir compris de la Loi ; c’est là une déficience à l’égard aussi bien de la Loi que du décret.
L’autre, observant l’action des causes et leur corrélation avec les effets, a cru que la révélation les avait niées ; il en est venu à discréditer et à annuler la sharia, démentant ainsi le Législateur.
Ainsi, les deux groupes ont porté atteinte tout à la fois au décret et à la Loi.