Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ils vont même jusqu’à dire : « La plus grande part de ces faits n’est qu’un tissu de chimères et d’illusions logées dans l’âme ; celle-ci y réagit comme réagissent ceux qui vivent de leur imagination, les malades ou les esprits en proie au délire. Il n’y a, pensent-ils, absolument rien au-delà de cela. »

Tel est le chemin des négateurs des causes et de la relation des effets à celles-ci ; c’est également la réponse avancée par nombre de théologiens spéculatifs (1).

Le second chemin est celui de ceux qui affirment résolument ces phénomènes, y croient et s’y adonnent ; ils les jugent plus puissants encore que les causes sensibles, ou du moins leur équivalent, et ne prêtent aucune attention aux objections formulées contre eux ; à leurs yeux, mettre ces phénomènes en doute revient à contester l’évidence des sens ou les vérités premières.

Quant à nous, nous n’empruntons ni la voie des uns ni celle des autres. Nous suivons la voie du juste milieu et de l’équité, fuyant l’injustice et la déviation ; nous ne rendons pas caduque la Loi révélée au nom du décret, pas plus que nous ne nions le décret sous prétexte de la Loi. Nous croyons à tout ce qu’Allah a décrété et attestons la véracité de Sa Loi : nous attestons Son jugement, Sa prédestination, Sa législation et Son commandement. Jamais nous ne les opposons l’un à l’autre au point d’annuler les causes qu’Il a instaurées ou de mettre en cause la sharia révélée, comme l’ont fait les deux groupes égarés.

L’un d’eux a invalidé les causes qu’Allah a instituées au nom de ce qu’il pensait avoir compris de la Loi ; c’est là une déficience à l’égard aussi bien de la Loi que du décret.

L’autre, observant l’action des causes et leur corrélation avec les effets, a cru que la révélation les avait niées ; il en est venu à discréditer et à annuler la sharia, démentant ainsi le Législateur.

Ainsi, les deux groupes ont porté atteinte tout à la fois au décret et à la Loi.

(1) Voir : al-Mufhim, de al-Qurtubi, vol. 5, p. 621 ; Madarij al-Salikin, vol. 3, p. 496 ; I‘lam al-Muwaqqi‘in, vol. 2, p. 298.
وربما يقولون: إنَّ أكثر ذلك مجرَّدُ خيالاتٍ وأوهامٍ في النفوس، تنفعلُ عنها النفوسُ كانفعال أرباب الخيالات والأمراض والأوهام. وليس عندهم وراء ذلك شيء. وهذا مسلكُ نفاة الأسباب وارتباط المسبَّبات بها، وهذا جوابُ كثيرٍ من المتكلِّمين (١). والمسلكُ الثاني مسلكُ المُثبِتين لهذه الأمور، المعتقدين لها، الذاهبين إليها، وهي عندهم أقوى من الأسباب الحِسِّيَّة أو في درجتها، ولا يلتفتون إلى قدح قادحٍ فيها، والقدحُ فيها عندهم من جنس القدح في الحِسِّيَّات والضروريَّات. ونحن لا نسلكُ سبيل هؤلاء ولا سبيل هؤلاء، بل نسلكُ سبيلَ التوسُّط والإنصاف، ونجانبُ طريقَ الجَور والانحراف، فلا نُبطِلُ الشرعَ بالقدر، ولا نكذِّبُ بالقدر لأجل الشرع، بل نؤمنُ بالمقدور ونصدِّقُ الشرع؛ فنؤمنُ بقضاء الله وقَدَره وشرعه وأمره، ولا نُعارِض بينهما فنُبطِل الأسبابَ المقدورة أو نقدحُ في الشريعة المنزَّلة، كما فعله الطائفتان المنحرفتان. فإحداهما: أبطلَت ما قدَّره الله من الأسباب بما فَهِمَته من الشرع. وهذا من تقصيرها في الشرع والقدر. والأخرى: توصَّلَت إلى القدح في الشرع وإبطاله بما شاهدَته من تأثير الأسباب وارتباطها بمسبَّباتها لمَّا ظنت أنَّ الشرع نفاها، فكذَّبت بالشارع. فالطائفتان جانيتان على القدر والشرع.
(١) انظر: «المفهم» للقرطبي (٥/ ٦٢١)، و «مدارج السالكين» (٣/ ٤٩٦)، و «إعلام الموقعين» (٢/ ٢٩٨).

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