Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Et il ajouta : « Qu’un porteur de maladie ne côtoie pas celui qui est sain. » Al-Hârith le contesta à ce sujet, au point qu’Abû Hurayra se mit en colère et s’exprima en abyssin ; il dit alors à Al-Hârith : « Sais-tu ce que je viens de dire ? » — « Non », répondit-il. Abû Hurayra déclara : « Je viens de dire : abaytu, abaytu — je refuse, je refuse. »

Abû Salama reprit : Par ma vie, Abû Hurayra nous rapportait que le Messager d’Allah ﷺ avait dit : « Il n’y a pas de contagion. » J’ignore donc si Abû Hurayra a oublié, ou si l’un de ces deux propos abroge l’autre.

Ils dirent : L’interdiction de faire boire le malade au même abreuvoir que le bien-portant n’a pour raison que la crainte du mauvais présage (ṭiyara) qui pourrait atteindre ce dernier.

Musaddad a rapporté : Yahyâ nous a transmis — par (1) Hishâm, d’après Yahyâ ibn Abî Kathîr, d’après Al-Ḥaḍramî ibn Lâḥiq, d’après Saʿîd ibn Al-Musayyib — ces paroles : J’ai interrogé Saʿd ibn Mâlik au sujet des présages funestes (ṭiyara). Il me rabroua et dit : « Qui t’en a parlé ? » Je n’osai le lui dire. Il ajouta alors : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Il n’y a ni contagion, ni présage funeste, ni hama. Pourtant, si le présage devait se trouver dans quelque chose, ce serait dans le cheval, la femme et la demeure. Et lorsque la peste frappe un pays où vous vous trouvez, ne fuyez pas.” » (2)

Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim (3), Al-Sharîd ibn Suwayd relate : Il y avait, dans la délégation de Thaqîf, un homme lépreux ; le Prophète ﷺ lui fit dire : « Nous avons déjà accepté ton serment d’allégeance, retourne donc. »

Et dans un autre hadith : « Fuis le lépreux comme tu fuis le lion. » (4)

(1) Les manuscrits portent « ben », lecture erronée ; il s’agit en réalité de Yahya al-Qattan et de Hisham ad-Dastuwai. (2) Rapporté par Musaddad (cf. Ithaf al-khira, 2/422), et, par sa chaîne, par Ahmad (1/174, 181), Abu Ya‘la (n° 766), al-Bazzar (n° 1082), al-Tahawi dans Sharh mushkil al-athar (4/443) et d’autres. Ibn Hibban l’a déclaré authentique (n° 6127), jugement confirmé ; voir encore ‘Illal al-Darqutni (4/370). (3) n° 2231. (4) Rapporté par al-Bukhari (n° 5707) d’après Abu Hurayra.
وقال: «لا يُورِد مُمْرِضٌ على مُصِح»، فماراه الحارثُ في ذلك، حتى غضبَ أبو هريرة ورَطَنَ بالحبشيَّة، فقال للحارث: أتدري ماذا قلتُ؟ قال: لا، قال أبو هريرة: إني أقول: أبيتُ، أبيتُ. قال أبو سلمة: فلعمري لقد كان أبو هريرة يحدِّثنا أنَّ رسول الله ﷺ قال: «لا عدوى»، فلا أدري أنسيَ أبو هريرة، أو نسخَ أحدُ القولين الآخر؟ قالوا: فهذا النهيُ عن إيراد المُمْرِض على المُصِحِّ إنما هو من أجل الطِّيَرة التي تلحقُ المُصِحَّ. وقال مسدَّد: حدثنا يحيى، عن (١) هشام، عن يحيى بن أبي كثير، عن الحضرميِّ بن لاحق، عن سعيد بن المسيب، قال: سألتُ سعدَ بن مالك عن الطِّيَرة؟ فانتهَرني، وقال: من حدَّثك؟ فكرهتُ أن أحدِّثه، فقال: سمعتُ رسول الله ﷺ يقول: «لا عدوى، ولا طِيَرة، ولا هامة، وإن كانت الطِّيَرة في شيءٍ ففي الفَرس والمرأة والدَّار، فإذا كان الطَّاعون بأرضٍ وأنتم بها فلا تَفِرُّوا» (٢). وفي «صحيح مسلم» (٣) عن الشَّريد بن سُويد، قال: كان في وفد ثقيفٍ رجلٌ مجذوم، فأرسل إليه النبيُّ ﷺ: «إنَّا قد بايعناك فارْجِع». وفي حديثٍ آخر: «فِرَّ من المجذوم فِرارَك من الأسد» (٤).
(١) في الأصول: «بن». تحريف. ويحيى هو القطان، وهشام الدستوائي. (٢) أخرجه مسدد، كما في «إتحاف الخيرة» (٢/ ٤٢٢) ومن طريقه أحمد (١/ ١٧٤، ١٨١)، وأبو يعلى (٧٦٦)، والبزار (١٠٨٢)، والطحاوي في «شرح مشكل الآثار» (٤/ ٤٤٣)، وغيرهم. وصححه ابن حبان (٦١٢٧)، وهو كما قال. وانظر: «علل الدارقطني» (٤/ ٣٧٠). (٣) (٢٢٣١). (٤) أخرجه البخاري (٥٧٠٧) من حديث أبي هريرة.

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