et de l’épreuve, du test et de la mise à l’épreuve ?!
C’est exactement, du reste, la réponse à l’argument que vous tirez de la parole du Très-Haut : « Tu n’y connaîtras ni la faim ni la nudité » — et tout ce que vous avez cité à la suite (1).
Ajoutons (2) que ce jugement était subordonné à une condition qui, elle, n’a pas été remplie. En effet, le Très-Haut ne l’énonça qu’immédiatement après avoir dit : « Ne vous approchez pas de cet arbre. » Ainsi, la formule : « Tu n’y connaîtras ni la faim ni la nudité » constitue une promesse rattachée à ce qui précède ; son sens est : si tu évites l’arbre que Je t’ai interdit et ne t’en approches pas, cette promesse te reviendra. Or tout jugement conditionnel devient caduc lorsque la condition fait défaut ; puisqu’il goûta à l’arbre, il perdit tout droit à cette promesse.
Vous dites encore : « Si le Jardin avait été ici-bas, Adam aurait su qu’Iblis mentait lorsqu’il lui déclara : ‟Veux-tu que je te guide vers l’arbre de la perpétuité et une royauté qui ne disparaîtra jamais” » [Tâ Hâ 120], et ainsi de suite. C’est là une prétention dépourvue de preuve ; vous n’avez aucun indice établissant qu’au moment de sa création Allah — exalté soit-Il — avait informé Adam que le monde d’ici-bas est voué à la disparition et que sa royauté se corrompt et s’éteint.
Et à supposer même qu’Adam en eût été averti, la parole d’Iblis : « Veux-tu que je te guide vers l’arbre de la perpétuité et une royauté qui ne disparaîtra jamais » n’implique nullement qu’il entendît par « perpétuité » quelque chose d’infini ; car, dans la langue arabe, al-khuld désigne simplement un séjour prolongé, comme on dit : « une chaîne perpétuelle », « un emprisonnement perpétuel ». C’est dans ce sens qu’Allah — Très-haut — dit aux ʿÂd (3) : « Édifiez-vous, sur chaque hauteur, un monument pour vous distraire ? » [Les Poètes 128].