les pattes liées quand le premier m’a interrogée ? » — « Si, » répondirent-ils. Elle poursuivit : « C’est pour cela que j’ai dit qu’il était détenu, entravé. Puis, lorsque la servante est revenue et que c’est toi qui m’as questionnée, le coq était égorgé ; j’en ai donc conclu qu’il avait été assassiné. »
Al-Madâ’inî rapporte encore qu’une famille d’origine perse avait pour règle que, si un homme s’éloignait des siens sans donner de nouvelles pendant quatre pèlerinages, on mariait son épouse. Or, l’un d’eux avait pris pour femme une jeune fille ; il disparut quatre années entières sans la moindre information. On voulut alors remarier la jeune femme, qui lui était passionnément attachée. Elle demanda : « Laissez-moi patienter encore une année. » Ils refusèrent et allèrent consulter leur devin. Celui-ci sortit, accompagné de son disciple. Ils rencontrèrent des gens portant un mort, la main du défunt posée sur sa poitrine. Le devin dit à son disciple : « L’homme est mort. » — « Il ne l’est pas, répliqua le disciple ; ne vois-tu pas que la main du mort, posée sur sa poitrine, indique que c’est lui le défunt, tandis que notre homme est sain et sauf (1) ? » Ils revinrent donc et informèrent le juge que l’époux n’était pas mort ; celui-ci décida de reporter le mariage d’une année. Un mois plus tard, le mari revint.
Ibn Qutayba rapporte, d’après Ibrâhîm ibn ‘Abd Allâh : Un devin arabe, aveugle, entra un jour chez moi. J’avais caché un objet portant (2) le titre (3) d’un livre, et je lui dis : « Dis-moi ce que j’ai dissimulé pour toi. » Il l’examina un instant, puis déclara : « Cela provient d’une plante aquatique (4). » Je lui dis : « Ajoute-m’en davantage au sujet… »