Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

« Je me suis tourné vers la tribu de Lahb, désireux de recueillir leur science,
car le savoir des devins a été confié à Lahb.

Je me rendis auprès d’un de leurs anciens, homme intègre,
expert dans le langage des oiseaux, le dos voûté.

Je lui dis : « Que lis-tu dans le passage des oiseaux de bon augure
et dans le croassement du corbeau qui gratte la poussière ? »

Il répondit : « L’oiseau favorable a volé en annonçant la rupture,
et le corbeau a crié la séparation et le dépouillement.

Si elle n’est pas morte, c’est qu’un autre que toi
— un époux caché des Banû Kaʿb — partage désormais sa couche. » (1)

Un homme des Banû Asad raconta : « J’avais épousé la fille de mon oncle paternel.
Sur la route qui me menait à elle, je rencontrai une créature pareille à un chien,
la langue pendante(2) d’un côté. Je m’écriai : “Par le Seigneur de la Kaʿba, c’est l’échec !(3)”
Parvenu chez sa famille, je ne pus l’approcher et ses proches me provoquèrent.
Je les quittai et restai trois jours à l’écart. Puis je changeai d’avis et repartis vers eux.
En chemin, je croisai une chienne dont les mamelles(4) dégouttaient de lait.
Je dis : “Par le Seigneur de la Kaʿba, cette fois c’est la réussite !”
J’entrai donc auprès de mon épouse ; elle conçut un garçon, puis un second,
et finit par me donner plusieurs enfants. »

On rapporte encore, d’après Yahyâ ibn Khâlid : Deux hommes accomplissaient le pèlerinage.
On leur dit : « Près d’ici se trouve une femme qui pratique l’augure. »
Ils allèrent la consulter. L’un d’eux demanda : « Quel est le souci que nous portons ? »
Elle répondit : « Tu m’interroges au sujet d’un homme emprisonné, entravé. »
L’autre lui posa la même question ; elle dit : « Tu m’interroges au sujet d’un homme assassiné. »
Il s’écria : « Par Allah, c’est bien de la même personne que parlait mon compagnon ! »
— « Il en est ainsi que je l’ai dit », répliqua-t-elle.
Ils lui demandèrent alors d’expliquer ses paroles.
Elle dit : « N’avez-vous pas vu la servante qui passait, portant un coq égorgé ?… »

(1) Voir : Dîwân Kathîr, p. 469 ; Al-Aghânî, t. 9, p. 33 ; Uyûn al-akhbâr, t. 1, p. 148. (2) Le mot se lit « mandalaha » dans les manuscrits Q et D, « madlaha » dans T, « madliya » dans Ṭ, et « mandali‘ » dans Bulûgh al-arab, 3/212. (3) T porte « ajaffafta » ; Ṭ et Bulûgh al-arab : « akhfayta ». Le manuscrit Q ne rectifie pas la leçon. (4) Expression descriptive : « taqṭuru ḍurû‘uhâ », c’est-à-dire « ses pis ruissellent de lait ».
تيمَّمْتُ لِهْبًا أبتغي العلمَ عندهم ... وقد رُدَّ علمُ العائفين إلى لِهْبِ تيمَّمْتُ شيخًا منهمُ ذا أمانةٍ ... بصيرًا بزَجْرِ الطَّيرِ مُنحنِيَ الصُّلْبِ فقلتُ له: ماذا ترى في سوانحٍ ... وصوتِ غرابٍ يفحصُ الأرضَ بالتُّربِ فقال: جرى الطَّيرُ السَّنيحُ ببَيْنِها ... ونادى غرابٌ بالفِراقِ وبالسَّلْبِ فإن لا تكن ماتت فقد حالَ دونها ... سواكَ حَلِيلٌ باطنٌ من بني كعبِ (١) وقال رجلٌ من بني أسد: تزوجتُ ابنةَ عمٍّ لي، فخرجتُ أريدُها، فلقيني شيءٌ كالكلب، مندلعًا (٢) لسانُه في شِقٍّ، فقلت: أخفقتُ (٣) وربِّ الكعبة، فأتيتُ القوم، فلم أصِل إليها، ونافَرني أهلُها، فخرجتُ عنهم فمكثتُ ثلاثة أيَّام، ثمَّ بدا لي فيهم، فخرجتُ نحوهم، فلقيتُ كلبةً تَنْطِفُ أطْباؤها (٤) لبنًا، فقلت: أدركتُ وربِّ الكعبة، فدخلتُ بأهلي، وحملَت منِّي بغلامٍ، ثمَّ آخر، حتى ولدَت أولادًا. وذكرَ عن يحيى بن خالد قال: حجَّ رجلان، فقيل لهما: هاهنا امرأةٌ تزجُر، قال: فأتَياها فسَألاها، فقال أحدُهما: ما نُضْمِر؟ فقالت: إنك لتسألني عن رجلٍ محبوسٍ مقيَّد. ثم سألها الآخر، فقالت: إنك لتسألني عن رجلٍ مقتول. فقال: هو والله الذي سأل عنه صاحبي، فقالت: هو كما قلتُ. فسألاها عن تفسير ذلك، فقالت: أمَا رأيتما الجاريةَ التي مرَّت ومعها ديكٌ
(١) انظر: ديوان كثيِّر (٤٦٩)، و «الأغاني» (٩/ ٣٣)، و «عيون الأخبار» (١/ ١٤٨). (٢) (ق، د): «مندلها». (ت): «مدلها». (ط): «مدليا». وفي «بلوغ الأرب» (٣/ ٢١٢): «مندلع». (٣) (ت): «اجففت». (ط) و «بلوغ الأرب»: «أخفت». ولم تحرر في (ق). (٤) تقطر ضروعُها.

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