« Les liens de la passion sont lointains ; vouloir les réunir tous
— pour l’homme impuissant qui convoite la richesse, c’est une lourde charge. » (1)
« Et, quoi qu’il en soit, tu reviendras. »
Il rapporte : « Je finis par retrouver mes chameaux en Syrie chez un de mes cousins et je négociai avec ceux qui les détenaient pour les récupérer.
Al-Madâʾinî a encore raconté : « Dans le Sawâd vivait un devin nommé Mihr. Un fonctionnaire entendit parler de lui et se mit à tourner ses présages en ridicule. [Puis] il le fit venir. Lorsque le devin se présenta, le fonctionnaire lui dit : “J’ai fait conduire un troupeau de brebis à tel et tel endroit ; vérifie si elles sont arrivées ou non.” Le fonctionnaire savait d’avance qu’il restait entre les brebis et le pâturage toute une étape de voyage (2). Il dit alors à son serviteur : “Va dehors et écoute bien ce que tu entends.” Or il avait déjà ordonné à son propre domestique de se cacher dans un coin de la maison et de pousser un cri de chacal (3).
Le garçon du devin sortit pour écouter ; le domestique du fonctionnaire poussa le cri. Le garçon revint vers son maître et lui rapporta ce qu’il avait entendu. Le devin déclara alors au fonctionnaire : “Tes brebis sont perdues ; la route a été coupée et on les a dérobées.” Le fonctionnaire se mit à rire et ajouta : “On vient pourtant de m’informer qu’elles sont bien arrivées ; celui qui a crié, c’était mon serviteur.” Le devin reprit : “Si celui qui a crié était réellement un chacal, tes bêtes sont bel et bien perdues ; mais si c’était ton serviteur, alors le berger a été tué.”
Quelque temps après, la nouvelle lui parvint : le troupeau avait disparu et le berger avait été assassiné. (4)