Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

un serpent noir, énorme. — « Et ensuite ? » demanda-t-il. — « J’ai alors aperçu un corbeau posé sur un jujubier sauvage. » — « Fais-le s’envoler, sinon tu n’es plus mon fils. » Je l’ai chassé, et il est allé se percher sur un acacia. — « Fais-le s’envoler, sinon tu n’es plus mon fils. » Je l’ai donc pourchassé de nouveau ; il s’est cette fois posé sur un rocher. — « Dis-moi à présent ce que tu as trouvé. » Je le lui ai raconté (1).

On rapporte encore qu’un Bédouin perdit un petit troupeau de chamelles ainsi qu’un serviteur. Il partit à leur recherche ; le soleil était accablant et la chaleur du jour très forte. Il passa près d’un homme — qu’il crut des Banû Asad — qui trayait une chamelle, et l’interrogea au sujet de ce qu’il avait égaré. L’homme lui dit : « Approche, bois de ce lait et je t’indiquerai où sont tes bêtes. » Il but donc, puis l’homme lui demanda : « Qu’as-tu entendu en quittant ta maison ? » — « Les pleurs des enfants, les aboiements des chiens, le chant des coqs et le bêlement des brebis. » — « Tout cela t’interdisait de partir à l’aube. Et ensuite ? » — « Quand le jour a bien monté, un loup m’est apparu. » — « Un prédateur qui sait se procurer sa pitance, armé de griffes (2). Et après ? » — « Puis j’ai rencontré une autruche. » — « Un oiseau couvert de plumes, qui porte un beau nom. As-tu laissé chez toi un malade que l’on visite ? » — « Oui. » — « Retourne donc chez toi : ton troupeau et ton serviteur s’y trouvent. » Il revint et les trouva effectivement (3).

Abû Khâlid al-Taymî rapporta encore : « Je prenais des chameaux sous caution et les faisais paître derrière Baṣra. Ils s’enfuirent ; je suivis leurs traces jusqu’à al-Qâdisiyya, mais les pistes se confondirent pour moi. Je me dis : “J’entrerai à Kûfa pour me renseigner.” J’arrivai donc à al-Kunâsa, où les gens étaient rassemblés autour du devin de Yamâma. Je m’arrêtai, lui exposai mon affaire, et il dit : »

(1) Voir : Al-Jalis wa-l-Anis, t. 3, p. 119 ; Nathr al-Durr, t. 7, p. 238 ; al-Tadhkira al-Hamdoniyya, t. 8, p. 22. Ces sources ajoutent : « Il se posa sur un rocher, puis dit : “ahdhini, ô mon fils”, c’est-à-dire “donne-moi”, et il le lui donna. » (2) Terme signifiant « fortement pourvoyeur de butin » ; le pluriel kawasib désigne les rapaces, et Kasab est un nom donné au loup. (3) Voir : Uyûn al-Akhbâr, t. 1, p. 150 ; al-Azmina wa-l-Amkina, t. 2, p. 188.
ضخم. قال: ثمَّ مه؟ قال: ثمَّ رأيتُ غرابًا واقعًا على سِدْرَة. قال: أَطِرْهُ، وإلا لستَ بابني. قال: أطرتُه، فوقَع على سَلَمَة. قال: أَطِرْهُ وإلا لستَ بابني. قال: فوقع على صخرة. قال: أخبرني بما وجدت. فأخبَره! (١). وذكر أيضًا أنَّ أعرابيًّا أضلَّ ذَوْدًا له وخادمًا، فخرج في طلبهما، إذ اشتدَّت عليه الشمس، وحَمِيَ النهار، فمرَّ برجلٍ يحلبُ ناقة، قال: أظنُّه من بني أسد، فسأله عن ضالَّته. قال: ادْنُ، فاشرَب من اللبن، وأدلُّك على ضالَّتك. قال: فشرب، ثمَّ قال له: ما سمعتَ حين خرجت؟ قال: بكاءَ الصِّبيان، ونباحَ الكلاب، وصراخَ الدِّيكة، وثُغاءَ الشاء. قال: تنهاك عن الغُدُوِّ. ثمَّ مه؟ قال: ثمَّ ارتفع النهار فعرض لي ذئبٌ. قال: كَسُوبٌ (٢) ذو ظُفر. ثمَّ مه؟ قال: ثمَّ عرضت لي نعامة. قال: ذاتُ ريشٍ، واسمُها حَسَن. هل تركتَ في أهلك مريضًا يُعاد؟ قال: نعم. قال: ارجع إلى أهلك، فذَوْدُك وخادمُك عندهم. فرجع فوجدهم (٣). وذكر أبو خالدٍ التيميُّ قال: كنتُ آخذُ الإبل بضمانٍ فأرعاها في ظَهْر البصرة، فطردَت، فخرجتُ أقفو أثرها حتى انتهيتُ إلى القادسية، فاختلطَت عليَّ الآثار، فقلت: لو دخلتُ الكوفة فتحسَّستُ عنها، فأتيتُ الكُناسة، فإذا الناسُ مجتمعون على عرَّاف اليمامة، فوقفتُ، ثمَّ قلتُ له حاجتي، فقال:
(١) انظر: «الجليس والأنيس» (٣/ ١١٩)، و «نثر الدر» (٧/ ٢٣٨)، و «التذكرة الحمدونية» (٨/ ٢٢). وفيها: «فوقع على صخرة. فقال: أحذِني يا بني. فأحذاه». أي: أعطني. فأعطاه. (٢) كثير الكسب. والكواسب: الجوارح. وكساب: اسم للذئب. (٣) انظر: «عيون الأخبار» (١/ ١٥٠)، و «الأزمنة والأمكنة» (٢/ ١٨٨).

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