sur laquelle vous demandiez tous deux un arbitrage.(1)
On rapporte, dans le récit de la guerre des Banû Taghlib, que Taym al-Lât envoya ses fils récupérer une somme qui lui appartenait. À la tombée du soir, il perçut le grondement du vent et dit à son épouse : « Regarde d’où se forme le nuage et d’où souffle le vent. » Elle l’informa que le vent venait de face, du côté même du nuage. « Par Allah, reprit-il, je vois là un vent capable de faire rouler les rochers et d’effacer toute trace. »
Lorsque ses fils rentrèrent, il leur demanda : « Qu’avez-vous rencontré ? » Ils répondirent : « À peine t’avions-nous quitté que, parvenus au diʿṣ(2) des Shaʿthamayns, nous avons vu des ʿufr(3) accroupies sur une butte de sable. » Il interrogea : « Se dirigeaient-elles vers l’est ou vers l’ouest ? » [Ils dirent : « Vers l’ouest. »](4) Puis il demanda : « Et le vent qui vous a effleurés, était-il nāṭiḥ, dābir, bāriḥ ou sāniḥ ? » — « Nāṭiḥ », répondirent-ils.
Il se dit alors : « Ô Taym al-Lât ! Voilà le diʿṣ des Shaʿthamayns — et shaʿtham signifie un vieillard(5) — et te voici, toi, le shaʿtham des Banû Bakr ; des gazelles tapies sur une dune et un vent nāṭiḥ qui a soufflé puis s’est évanoui. »