Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

sur laquelle vous demandiez tous deux un arbitrage.(1)

On rapporte, dans le récit de la guerre des Banû Taghlib, que Taym al-Lât envoya ses fils récupérer une somme qui lui appartenait. À la tombée du soir, il perçut le grondement du vent et dit à son épouse : « Regarde d’où se forme le nuage et d’où souffle le vent. » Elle l’informa que le vent venait de face, du côté même du nuage. « Par Allah, reprit-il, je vois là un vent capable de faire rouler les rochers et d’effacer toute trace. »

Lorsque ses fils rentrèrent, il leur demanda : « Qu’avez-vous rencontré ? » Ils répondirent : « À peine t’avions-nous quitté que, parvenus au diʿṣ(2) des Shaʿthamayns, nous avons vu des ʿufr(3) accroupies sur une butte de sable. » Il interrogea : « Se dirigeaient-elles vers l’est ou vers l’ouest ? » [Ils dirent : « Vers l’ouest. »](4) Puis il demanda : « Et le vent qui vous a effleurés, était-il nāṭiḥ, dābir, bāriḥ ou sāniḥ ? » — « Nāṭiḥ », répondirent-ils.

Il se dit alors : « Ô Taym al-Lât ! Voilà le diʿṣ des Shaʿthamayns — et shaʿtham signifie un vieillard(5) — et te voici, toi, le shaʿtham des Banû Bakr ; des gazelles tapies sur une dune et un vent nāṭiḥ qui a soufflé puis s’est évanoui. »

(1) Voir : Ṭabarî, Taʾrîkh (VIII, 512) ; Ibn ʿAsâkir, Taʾrîkh Dimašq (XXVI, 227) ; Abû l-Faraj al-Isfahânî, al-Aġânî (V, 138) ; Naṯr al-Durr (VII, 247) ; Ibn al-Ḥamdûnî, al-Taḏkira al-Ḥamdûniyya (VIII, 23) ; al-Maqdisî, Muḥâḍarât al-Udabâʾ (I, 301). (2) Le manuscrit Q lit « ġuṣn », lecture fautive. Le terme al-diʿṣ désigne une dune de sable tassé. Quant à aš-Šaʿṯamayn, c’est soit le nom d’un lieu célèbre pour une bataille, soit celui de deux hommes tués lors de cet affrontement, le site ayant ensuite porté leur nom. Cf. al-Tâj (s.v. « Šaʿṯam »), Amâlî al-Qâlî (II, 131) et Simṭ al-Laʾâlî (112-113). (3) Le manuscrit T lit « bi-ǧafr ». Le mot al-ʿu fr désigne des gazelles dont le pelage blanc tire sur le rouge. Cf. al-Maʿânî al-Kabîr, p. 697, et Lisân al-ʿArab, s.v. « ʿafr ». (4) Lecture adoptée d’après le manuscrit Ṭ ; absente des témoins principaux. (5) Les dictionnaires ont omis ce sens, comme ils ont négligé la plupart des emplois de cette racine. Voir Ibn Durayd, al-Ištiqâq, p. 349, et Jamharat al-Luġa, p. 1132.
تستفتيان (١). وقد ذُكِرَ في حرب بني تغلب أنَّ تيمَ اللَّات أرسلَ بنيه في طلب مالٍ له، فلمَّا أمسى سمعَ صوتَ الرِّيح، فقال لامرأته: انظري من أين نشأ السحاب؟ ومن أين نشأت الرِّيح؟ فأخبرته أنَّ الرِّيحَ طالعةٌ من وجه السحاب، فقال: والله إني لأرى ريحًا تُدَهْدِهُ الصَّخر، وتمحقُ الأثر. فلمَّا دخلَ عليه بنوه، قال لهم: ما لقيتم؟ قالوا: سِرْنا من عندك، فلمَّا بلغنا دِعْص (٢) الشَّعْثَمَيْن إذا بعُفْرٍ (٣) جاثماتٍ على دِعْصٍ من رمل. فقال: أمشرِّقاتٌ أم مُغرِّبات؟ [قالوا: مغرِّبات] (٤). قال: فما ريحُكم: ناطحٌ أم دابرٌ أم بارحٌ أم سانح؟ فقالوا: ناطح. فقال لنفسه: يا تيمَ اللَّات، دِعْصُ الشَّعْثَمَيْن ــ والشَّعْثَم الشيخ الكبير (٥) ــ، وأنت شَعْثَمُ بني بكر، وجَواثِمُ بدِعْص، وريحٌ نَطَحَت فبرحَت.
(١) انظر: «تاريخ الطبري» (٨/ ٥١٢)، و «تاريخ دمشق» (٢٦/ ٢٢٧)، و «الأغاني» (٥/ ١٣٨)، و «نثر الدر» (٧/ ٢٤٧)، و «التذكرة الحمدونية» (٨/ ٢٣)، و «محاضرات الأدباء» (١/ ٣٠١). (٢) (ق): «غصن». وهو تحريف. والدِّعص: الكثيب من الرمل المجتمع. والشعثمين: موضع كانت به وقعةٌ مشهورة. وقيل: هما رجلان قتلا في تلك الوقعة، فنسب إليهما الموضع. انظر: «التاج» (شعثم)، و «أمالي القالي» (٢/ ١٣١)، وسمط «اللآلي» (١١٢، ١١٣). (٣) (ت): «بجفر». والعُفر: ظباءٌ تعلو بياضها حمرة. «المعاني الكبير» (٦٩٧)، و «اللسان» (عفر). (٤) من (ط)، وليست في الأصول. (٥) هذا المعنى أخلَّت به المعاجم، كما أخلَّ جلُّها بهذا الحرف. وانظر: «الاشتقاق» (٣٤٩)، و «الجمهرة» (١١٣٢).

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