ce que vous demandez. » (La Vache, 61). Cette acception se rencontre fréquemment dans la prose comme dans la poésie arabes ; ainsi lit-on :
Que tu descendes vers le pays d’un peuple
qui paît en abondance dans les herbages.⦗1⦘
Abû Ṣâliḥ a rapporté d’après Ibn ʿAbbâs — qu’Allah les agrée tous deux — qu’il expliquait : « C’est exactement comme on dit : “Untel est descendu (habata) dans telle ou telle contrée.” »⦗2⦘
Deuxièmement, nous ne contestons pas que le sens propre de hubūṭ (la descente) soit bien celui que vous décrivez ; mais d’où tire-t-on l’obligation d’admettre que le Jardin d’où eut lieu cette descente se trouvait au-dessus des cieux ? S’il avait été situé sur la partie la plus élevée de la terre, ne serait-il pas tout aussi correct de dire que l’on en est « descendu », de même qu’on dit qu’une pierre dévale du sommet d’une montagne jusqu’à sa base, et ainsi de suite ?
Quant à la parole d’Allah — exalté soit-Il : « Et sur la terre vous aurez un lieu de séjour et une jouissance pour un temps déterminé » (La Vache, 36 ; Le Mur d’Aʿrâf, 24), elle montre simplement que la terre vers laquelle ils furent envoyés leur offrirait résidence et subsistance pour un temps. Elle ne prouve nullement qu’ils n’aient pas, auparavant, séjourné dans un Jardin élevé, supérieur à la terre où ils furent relégués, et qui s’en distinguait par ses qualités, ses arbres, ses délices et ses parfums ; Allah — exalté soit-Il — a en effet diversifié les régions de la terre avec les plus grandes et les plus évidentes disparités, ce que l’on constate de visu.
Sur quelle base affirmez-vous donc que ce lieu n’était pas un Jardin distingué de toutes les autres parties de la terre par des particularités qui ne se trouvent qu’en lui, avant qu’ils n’en soient descendus vers la terre, domaine de la peine
et de la fatigue ?