Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et dit : « Si le présage se révèle exact, la moitié d’entre nous sera tuée ; l’émissaire est en effet borgne. » Lorsqu’ils eurent exécuté sept hommes, un second messager arriva et leur ordonna de cesser les mises à mort ; ils épargnèrent donc les survivants (1).

ʿAwâna ibn al-Hakam rapporte : « Quand Ibn al-Zubayr sollicita l’allégeance à son profit, ʿAbd Allâh ibn Mutîʿ se leva pour la lui prêter. Ibn al-Zubayr retint alors sa main et dit à ʿUbayd Allâh ibn ʿAlî ibn Abî Tâlib : “Lève-toi et prête serment.” ʿUbayd Allâh répliqua : “Lève-toi, ô Musʿab, et prête serment.” Musʿab se leva donc et donna l’allégeance. Les assistants y virent un augure et dirent : “Il a refusé l’hommage d’Ibn Mutîʿ (dont le nom évoque l’obéissance) et accepté celui de Musʿab (nom formé sur la racine de la rudesse) ; il y aura donc dans son entreprise quelque âpreté ou un malheur.” » C’est bien ce qui se produisit (2).

Salama ibn Muhârib raconte : « Au cours de la campagne qu’il menait contre Ibn al-Ashʿath, al-Hajjâj s’établit au monastère de Qurra, tandis que ʿAbd al-Rahmân ibn al-Ashʿath campa au monastère des Crânes. Al-Hajjâj déclara alors : “L’affaire s’est affermie entre mes mains, tandis que la sienne s’est embrouillée ; par Allah, je le ferai périr.” » (3)

ʿAmr ibn Marwân al-Kalbî rapporte, d’après Marwân ibn Yasâr, lui-même le tenant de Maslama, affranchi de Yazîd ibn al-Walîd : « Je me trouvais avec Yazîd ibn al-Walîd dans la région d’al-Qaryatayn (4), avant qu’il ne se soulève contre al-Walîd ibn Yazîd. Nous évoquions son projet lorsqu’un loup surgit. Yazîd saisit son arc, tira et atteignit l’animal à la gorge, puis s’exclama (5) : “Par le Seigneur de la Kaʿba, j’ai tué al-Walîd !” Les événements confirmèrent ses paroles. »

(1) Cf. ʿUyûn al-akhbâr, t. 1, p. 147 ; Târîkh al-Tabarî, t. 5, p. 274. (2) Cf. al-Bidâya wa-l-nihâya, t. 11, p. 667 ; Nathr al-durr, t. 7, p. 237. (3) Cf. Muʿjam mâ istaʿjam, p. 593 ; Muʿjam al-buldân, t. 2, p. 526 ; Târîkh al-Tabarî, t. 6, p. 347. (4) Grande bourgade relevant du territoire de Homs ; Muʿjam al-buldân, t. 4, p. 336. (5) Les manuscrits lisent « je dis » ; la leçon adoptée suit l’exemplaire (Ṭ).
فقال: إنْ صدَق الفألُ قُتِلَ نصفُنا؛ لأنَّ الرسول أعور، فلمَّا قتلوا سبعةً وافى رسولٌ ثانٍ ينهى عن قتلهم، فكفُّوا عن الباقين (١). وقال عوانةُ بن الحكم: لما دعا ابنُ الزبير إلى نفسه قام عبد الله بن مطيع ليبايع، فقبضَ عبد الله بن الزبير يدَه، وقال لعبيد الله بن علي بن أبي طالب: قُم فبايع، فقال عبيد الله: قم يا مصعبُ فبايع، فقام فبايع، فتفاءلَ الناس، وقالوا: أبى أن يبايعَ ابنَ مطيع وبايع مصعبًا، ليكوننَّ في أمره صعوبةٌ أو شرٌّ (٢). فكان كذلك. وقال سلمةُ بن محارب: نزلَ الحَجَّاجُ في محاربته لابن الأشعث ديرَ قُرَّة، ونزل عبد الرحمن بن الأشعث ديرَ الجماجم، فقال الحجَّاج: استقرَّ الأمرُ في يدي وتجمجمَ به أمرُه، والله لأقتلنَّه (٣). وقال عمرو بن مروان الكلبي: حدَّثني مروانُ بن يسار، عن مسلمة مولى يزيد بن الوليد، قال: كنت مع يزيد بن الوليد بناحية القريتين (٤) قبل خروجه على الوليد بن يزيد، ونحن نتذاكرُ أمره، إذ عرَض لنا ذئبٌ هناك، فتناول يزيدُ قوسَه فرمى الذِّئب، فأصابَ حلقه، فقال (٥): قتلتُ الوليد وربِّ الكعبة. فكان كما قال.
(١) انظر: «عيون الأخبار» (١/ ١٤٧)، و «تاريخ الطبري» (٥/ ٢٧٤). (٢) انظر: «البداية والنهاية» (١١/ ٦٦٧)، و «نثر الدر» (٧/ ٢٣٧). (٣) انظر: «معجم ما استعجم» (٥٩٣)، و «معجم البلدان» (٢/ ٥٢٦)، و «تاريخ الطبري» (٦/ ٣٤٧). (٤) قرية كبيرة من أعمال حمص. «معجم البلدان» (٤/ ٣٣٦). (٥) في الأصول: «فقلت». والمثبت من (ط).

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