Les premières générations, puis leurs successeurs, ont réprouvé qu’on escorte le défunt jusqu’à sa tombe avec du feu – qu’il provienne d’un brûle-encens (1) ou de toute autre source (2) ; il en va de même pour les cierges. ʿÂʾisha (qu’Allah l’agrée) déclara : « Ne faites pas de son dernier viatique le fait de le suivre avec du feu » (3).
Lorsque Talha ibn ʿUbayd Allah prêta serment d’allégeance à ʿAlî ibn Abî Tâlib – il fut le tout premier à le faire – un homme s’écria : « La première main qui lui a juré fidélité est une main paralysée ; cette affaire n’aboutira pas pour lui » (4).
Par la suite, ʿAlî (qu’Allah l’agrée) envoya Maʿqil ibn Qays al-Riyâhî depuis al-Madâʾin à la tête de trois mille hommes. Il lui ordonna d’emprunter la route de Mossoul, puis de gagner Nisibin et Raʾs al-ʿAyn avant de rejoindre ar-Raqqa pour y établir son camp. Maʿqil marcha jusqu’à al-Haditha. Un jour qu’il était assis, il vit deux béliers s’empoigner ; survinrent alors deux hommes : chacun attrapa un bélier et s’en alla. À cette vue, Shaddâd ibn Abî Rabîʿa al-Khathʿamî déclara : « Vous serez détournés de votre itinéraire de la même manière : vous ne vaincrez ni ne serez vaincus, car les deux béliers se sont séparés indemnes. » Et c’est bien ce qui advint (5).
Lorsque Muʿâwiya dépêcha une troupe contre Hujr ibn ʿAdî et ses compagnons, l’émissaire qui leur fut envoyé – un borgne nommé Hudba – trouva Hujr accompagné de treize hommes. L’un d’eux le fixa,