nom lui avez-vous donné à cet enfant ? » Ils répondirent : « Sâʾib. » — « Ne l’appelez pas Sâʾib, reprit-il, mais ʿAbd Allâh. » Ils s’obstinèrent néanmoins à conserver son premier nom ; il ne mourut qu’après avoir perdu la raison.
Dans le Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî (1), selon la chaîne d’al-Zuhrî, de Saʿîd ibn al-Musayyab, d’après son père : ce dernier se présenta au Prophète ﷺ, qui lui demanda : « Quel est ton nom ? » — « Ḥazn » (âpreté), répondit-il. Le Prophète ﷺ dit alors : « Tu es Sahl » (douceur). — « Je ne changerai pas le nom que mon père m’a donné, » répliqua-t-il. Ibn al-Musayyab conclut : « Depuis lors, la rudesse ne nous a plus quittés. »
Mâlik (2) rapporte, d’après Yahyâ ibn Saʿîd, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb demanda un jour à un homme : « Quel est ton nom ? » — « Jamra » (braise). — « Fils de qui ? » — « Ibn Shihâb » (fils de la Flamme). — « De quelle famille ? » — « Des Ḥuraqa » (les Brûlés). — « Où demeures-tu ? » — « À Ḥarra an-Nâr » (le plateau de feu). — « Dans quelle partie ? » — « Bi-Dhât Laẓâ » (Flamme ardente). ʿUmar lui dit alors : « Cours rejoindre les tiens, car ils sont en train de brûler. » Et les choses se déroulèrent exactement comme il l’avait prédit.
Une autre version de cette histoire, non rapportée par Mâlik, provient de Mujâlid, d’après al-Shaʿbî : un homme de Juhayna se présenta à ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb ﵁, qui lui demanda : « Quel est ton nom ? » — « Shihâb » (étincelle). — « Fils de qui ? » — « Ibn Jamra » (fils de la Braise). — « Fils de qui encore ? » — « Ibn Ḍirâm » (fils de la Flammèche). — « De quel clan ? » — « Des Ḥuraqa » (les Incendiés). — « Où habites-tu ? » — « À Ḥarra an-Nâr. » ʿUmar s’exclama : « Malheureux ! Retourne vite chez toi — ou auprès des tiens —, car le feu les a consumés. » L’homme s’y rendit et trouva que la plupart des siens avaient effectivement été brûlés (3).
ʿÂʾisha ﵂ rapporta : « Le Messager d’Allâh ﷺ aimait commencer par la droite dans tout ce… »