Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ʿIkrima rapporte : « Nous étions assis auprès d’Ibn ʿAbbâs lorsqu’un oiseau passa en poussant son cri. Un des présents s’écria : “Que du bien, que du bien !” Ibn ʿAbbâs lui répondit : “Ni bien ni mal.” » (1) Il le réprimanda sur-le-champ afin qu’il ne croie pas que l’oiseau détienne la moindre influence, qu’elle soit bénéfique ou néfaste.

Ṭâwûs entreprit un voyage avec un compagnon. Un corbeau croassa ; l’homme s’exclama : « Du bien ! » Ṭâwûs lui rétorqua : « Quel bien peut-on attendre de lui ? Par Allah, tu ne voyageras plus avec moi. » (2)

On demanda à Kaʿb : « Recours-tu à la ṭiyara (présage superstitieux) ? » — « Oui », répondit-il. — « Que dis-tu lorsque tu es saisi par ce pressentiment ? » — « Je dis : Ô Allah, point d’augure hormis le Tien, point de bien hormis Ton bien, nul Seigneur en dehors de Toi, et nulle force si ce n’est par Toi. » (3)

L’un des pieux prédécesseurs avait coutume de dire dans ce cas : « C’est l’oiseau d’Allah, non le tien ; c’est l’aube d’Allah, non la tienne ; c’est le soir d’Allah, non le tien. » (4)

Ibn ʿAbd al-Ḥakam (5) rapporte : Lorsque ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz quitta Médine, Muzâḥim déclara : « Je levai alors les yeux et constatai que la lune se trouvait dans ad-Dabarân (6) ; je répugnai à le lui dire et je dis : »

(1) Relaté par ad-Dinawari dans al-Mujālasa, nº 937 ; la chaîne de transmission y présente une rupture. Cité également par aṭ-Ṭabarī, d’après Fath al-Bārī, t. 10, p. 215, et dans de nombreuses autres sources sans isnād. (2) Rapporté par Maʿmar dans al-Jāmiʿ, t. 10, p. 406, puis repris par Abū Nuʿaym dans Ḥilyat al-Awliyāʾ, t. 4, p. 4. (3) Voir Shuʿab al-Īmān d’al-Bayhaqī, t. 3, p. 376. Il est communément admis que cette question fut posée par Kaʿb à ʿAbd Allāh b. ʿAmr — que Dieu les agrée ; l’auteur y reviendra. (4) Voir al-Zāhir d’Ibn al-Anbarī, t. 2, p. 326. (5) Sīrat ʿUmar b. ʿAbd al-ʿAzīz, p. 27. (6) Il s’agit d’un manzil (station lunaire) considéré comme néfaste ; les poètes le mentionnent pour son mauvais présage. Voir al-Anwāʾ d’Ibn Qutayba, p. 37-38.
قال عكرمة: كنَّا جلوسًا عند ابن عباس، فمرَّ طائرٌ يصيح، فقال رجلٌ من القوم: خَيْر خَيْر، فقال له ابنُ عباس: «لا خيرَ ولا شرَّ» (١). فبادره بالإنكار عليه؛ لئلَّا يعتقدَ له تأثيرًا في الخير أو الشرِّ. وخرج طاووسٌ مع صاحبٍ له في سفر، فصاحَ غُرابٌ، فقال الرجل: خير، فقال طاووس: وأيُّ خيرٍ عنده؟! والله لا تصحَبني (٢). وقيل لكعب: هل تتطيَّر؟ فقال: نعم، فقيل له: فكيف تقول إذا تطيَّرت؟ قال أقول: اللهمَّ لا طيرَ إلا طيرُك، ولاخيرَ إلا خيرُك، ولا ربَّ غيرُك، ولا قوَّة إلا بك (٣). وكان بعض السلف يقولُ عند ذلك: طيرُ الله لا طيرُك، وصباحُ الله لا صباحُك، ومساءُ الله لا مساؤك (٤). وقال ابن عبد الحكم (٥): لما خرج عمرُ بن عبد العزيز من المدينة، قال مزاحم: فنظرتُ فإذا القمرُ في الدَّبَران (٦)، فكرهتُ أن أقولَ له، فقلت:
(١) أخرجه الدينوري في «المجالسة» (٩٣٧)، وفي إسناده انقطاع، والطبري كما في «فتح الباري» (١٠/ ٢١٥). وفي مصادر كثيرة دون إسناد. (٢) أخرجه معمر في «الجامع» (١٠/ ٤٠٦)، ومن طريقه أبو نعيم في «الحلية (٤/ ٤). (٣) انظر: «شعب الإيمان» للبيهقي (٣/ ٣٧٦). والمشهور أنَّ هذا السؤال وقع من كعب لعبد الله بن عمرو ﵄. وسيأتي. (٤) انظر: «الزاهر» لابن الأنباري (٢/ ٣٢٦). (٥) في «سيرة عمر بن عبد العزيز» (٢٧). (٦) منزل من منازل القمر، غير محمودٍ عندهم، والشعراء يذكرونه بالنحوسة. انظر: «الأنواء» لابن قتيبة (٣٧، ٣٨).

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