Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ibn Jarîr explique : « Le sens en est : laissez les oiseaux que vous chassez d’ordinaire là où ils sont solidement installés, à l’endroit même qu’ils occupent, et poursuivez vos affaires ; car les effaroucher ne vous apportera aucun avantage et ne vous préservera d’aucun mal. » (1)

D’autres ont objecté : « Il s’agit là d’une altération (taṣḥîf) provenant des rapporteurs, d’une erreur de leur part ; nous ne connaissons le terme al-makinât qu’en tant que nom donné aux œufs du ḍabb (grand lézard du désert), et à rien d’autre. » (2)

Al-Jawharî précise : « al-makn désigne les œufs du ḍabb. » Il cite ce vers (3) :
« Les makn du ḍabb sont la nourriture des Arabes ;
les étrangers n’y trouvent aucun attrait. »

Dans le hadith, on lit : « Laissez les oiseaux sur leurs makinât », ou makunât, la vocalisation oscillant entre ḍamma et fatḥa.

Abû Ziyâd al-Kilâbî et d’autres commentent : « Nous ne connaissons pas de makinât pour les oiseaux ; ceux-ci possèdent plutôt des wukunât (nids), tandis que les makinât appartiennent exclusivement aux ḍabb. »

Abû ‘Ubayd réplique : « Il demeure toutefois permis, même si le makn relève proprement du ḍabb, de l’appliquer aux oiseaux par analogie, comme on dit “les mashâfir des Abyssins”, alors que le mot mashâfir (mâchoires) se dit d’ordinaire des chameaux ; ou encore, ainsi que l’a dit Zuhayr (4) en décrivant le lion :
“Il porte une épaisse crinière
et des griffes jamais rognées.” »

(1) Tahdhîb al-âthâr, vol. 1, p. 204. (2) Tahdhîb al-âthâr, vol. 1, p. 203. (3) Abû al-Hindi, poète descendant de Shabath b. Rib‘i ; vers reproduits notamment dans Al-Hayawân, t. 6, p. 89, et dans ‘Uyûn al-akhbâr, t. 3, p. 210, entre autres. (4) Extrait de sa mu‘allaqa, in Dîwân, p. 30 ; incipit : * « Face à un lion, armé d’une lance affûtée… »
وقال ابن جرير: معنى ذلك: أقرُّوا الطَّيرَ التي تزجُرونها في مواضعها المتمكِّنة فيها، التي هي بها مستقرَّة، وامضُوا لأموركم، فإنَّ زجرَكم إيَّاها غيرُ مُجْدٍ عليكم نفعًا، ولا دافعٍ عنكم ضررًا (١). وقال آخرون: هذا تصحيفٌ من الرواة، وخطأٌ منهم، ولا نعرفُ «المَكِنات» إلا اسمًا لبَيض الضِّباب دونَ غيرها (٢). قال الجوهري: «المَكِن بَيضُ الضَّبِّ. قال (٣): ومَكْنُ الضِّباب طعامُ العُرَيْـ ... ـبِ لا تشتهيه نفوسُ العَجَمْ وفي الحديث: «أقرُّوا الطير على مَكِناتها»، ومَكُناتها، بالضم والفتح. قال أبو زياد الكلابي وغيره: إنَّا لا نعرفُ للطَّير مَكِنات، وإنما هي: وُكُنات، فأمَّا المَكِنات فإنما هي للضِّباب. قال أبو عبيد: ويجوزُ في الكلام، وإن كان المَكِنُ للضِّباب، أن يُجْعَل للطَّير تشبيهًا بذلك، كقولهم: مَشَافرُ الحَبَش، وإنما المَشافرُ للإبل، وكقول زهير (٤) يصفُ الأسد: * له لِبَدٌ أظفارُه لم تُقَلَّمِ *
(١) «تهذيب الآثار» (١/ ٢٠٤). (٢) «تهذيب الآثار» (١/ ٢٠٣). (٣) أبو الهندي، شاعرٌ من ولد شبث بن ربعي، من أبياتٍ في «الحيوان» (٦/ ٨٩)، و «عيون الأخبار» (٣/ ٢١٠)، وغيرهما. (٤) من معلقته، في ديوانه (٣٠)، وصدره: * لدى أسدٍ شاكي السلاح مقذَّف *

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