Et, dans un autre récit : « Celui que le mauvais augure (tiyara) fait renoncer à un besoin a commis un shirk. » — « Quelle en est l’expiation ? », demandèrent-ils. Il répondit : « Que l’un d’entre vous dise : “Ô Allah, point d’augure si ce n’est Ton augure, point de bien si ce n’est Ton bien.” » (1)
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim (2), Mu‘âwiya ibn al-Ḥakam as-Sulamî rapporte avoir dit : « Ô Messager d’Allah, il est des gens parmi nous qui se laissent aller au mauvais augure. » Il répliqua : « C’est une pensée que l’un de vous trouve en lui-même ; qu’elle ne le détourne pas. » Il indiqua ainsi que le trouble et le pessimisme nés de la tiyara procèdent de l’homme lui-même et de sa croyance, non de l’objet dont il tire l’augure ; c’est son imagination, sa peur et son association qui le font reculer, et non ce qu’il a vu ou entendu.
Le Prophète ﷺ a donc éclairé sa communauté et exposé la fausseté du mauvais augure, afin qu’elle sache qu’Allah — exalté soit-Il — ne lui a assigné ni signe ni indice, et ne l’a point établi comme cause de ce qu’elle craint. Ainsi, leurs cœurs se rassurent et leurs âmes se tranquillisent dans l’unicité (tawḥîd) qu’Il a envoyée avec Ses messagers, fait descendre dans Ses Livres, et pour laquelle Il a créé les cieux et la terre et édifié les deux demeures, le Paradis et l’Enfer. C’est pour le tawḥîd — et à cause de lui — qu’Il a fait du Paradis la demeure de l’unicité, de ses exigences et de ses droits, et de l’Enfer la demeure du shirk, de ses conséquences et de ses obligations. Ainsi le Prophète ﷺ a extirpé toute attache au shirk de leurs cœurs, afin qu’il n’en subsiste plus la moindre trace et qu’ils ne se chargent jamais d’une œuvre des gens du shirk.