Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ne se laissent pas aller au mauvais augure, et placent leur confiance en leur Seigneur ». Muslim, lui seul, a ajouté : « et ils ne pratiquent pas la ruqya ».
J’ai entendu Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya dire : « Cet ajout est une erreur du transmetteur (1) ; le Prophète ﷺ n’a pas dit : “et ils ne pratiquent pas la ruqya”, car celui qui pratique la ruqya (rāqī) fait du bien à son frère. Le Messager d’Allah ﷺ, interrogé au sujet des ruqya, a déclaré : “Que celui d’entre vous qui peut être utile à son frère le fasse” (2). Il a également affirmé : “Il n’y a pas de mal à la ruqya tant qu’elle ne contient aucune forme d’associationnisme” (3). La différence entre le rāqī et le mustarqī est que le mustarqī est un solliciteur, un quémandeur dont le cœur se tourne vers autre qu’Allah, tandis que le rāqī est un bienfaiteur qui apporte un avantage » (4).

Je dis : le Prophète ﷺ n’a jamais fait du renoncement à une bienfaisance permise une cause de précédence vers le Paradis ; il en va autrement du fait de ne pas solliciter la ruqya, car cela relève du tawakkul (confiance) en Allah, du refus de demander à autrui et de l’agrément de Son décret. Ceci est une chose et cela en est une autre (5).

Il est également rapporté dans les deux Ṣaḥîḥ (6), d’après Abû Hurayra, que le Prophète ﷺ a dit : « Il n’y a pas de contagion… »

(1) Il s’agit de Sa‘id b. Mansur, maître de Muslim. La même formulation se trouve dans un ḥadith d’Anas b. Malik dont la chaîne est très faible ; voir Al-Silsila ad-Da‘ifa, n° 3690. On la rencontre aussi dans un ḥadith de Khabbab rapporté par aṭ-Ṭabarani dans Al-Kabir, 4/56, avec une chaîne caduque. (2) Rapporté par Muslim, n° 2199, d’après Jabir. (3) Rapporté par Muslim, n° 2200, d’après ‘Awf b. Malik al-Ashja‘i. (4) Cf. Iqtiḍaʾ aṣ-Ṣirāṭ, n° 837 ; Majmūʿ al-Fatāwā, t. 1, p. 182 et 328 ; Ar-Radd ʿalā al-Bakri, t. 1, p. 383. Certains ont contesté la remarque d’Ibn Taymiyya, comme le signale Fatḥ al-Bāri, t. 11, p. 409 ; Shaykh Sulaymān b. ʿAbd Allah y répond dans Tayṣīr al-ʿAzīz al-Ḥamīd, p. 85. (5) Cf. Zād al-Maʿād, t. 1, p. 495 ; Hādī al-Arwāḥ, p. 89. (6) Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, n° 5754 ; Ṣaḥīḥ Muslim, n° 2223.
ولا يتطيَّرون، وعلى ربِّهم يتوكَّلون»، وزاد مسلمٌ وحده: «ولا يَرْقُون»، فسمعتُ شيخ الإسلام ابن تيمية يقول: «هذه الزيادةُ وهمٌ من الراوي (١)، لم يقل النبيُّ ﷺ: «ولا يرقُون»؛ لأنَّ الراقي محسنٌ إلى أخيه، وقد قال النبيُّ ﷺ وقد سئل عن الرُّقى فقال: «من استطاع منكم أن ينفعَ أخاه فلينفعه» (٢)، وقال: «لا بأس بالرُّقى ما لم تكن شركًا» (٣)، والفرقُ بين الراقي والمسترقِي أنَّ المسترقِي سائلٌ مستَعطٍ ملتفتٌ إلى غير الله بقلبه، والراقي محسِنٌ نافع» (٤). قلت: والنبيُّ ﷺ لا يجعلُ تركَ الإحسان المأذون فيه سببًا للسَّبق إلى الجِنان، وهذا بخلاف ترك الاسترقاء، فإنه توكُّلٌ على الله، ورغبةٌ عن سؤال غيره، ورضاءٌ بما قضاه، وهذا شيءٌ وهذا شيء (٥). وفي «الصحيحين» (٦) من حديث أبي هريرة عن النبيِّ ﷺ: «لا عدوى
(١) وهو سعيد بن منصور، شيخ مسلم. ووقعت كذلك في حديث أنس بن مالك، وإسناده ضعيفٌ جدًّا. انظر: «السلسة الضعيفة» (٣٦٩٠). وفي حديث خباب عند الطبراني في «الكبير» (٤/ ٥٦)، وإسناده ساقط. (٢) أخرجه مسلم (٢١٩٩) من حديث جابر. (٣) أخرجه مسلم (٢٢٠٠) من حديث عوف بن مالك الأشجعي. (٤) انظر: «اقتضاء الصراط» (٨٣٧)، و «مجموع الفتاوى» (١/ ١٨٢، ٣٢٨)، و «الرد على البكري» (١/ ٣٨٣). واعترض بعضهم على كلام شيخ الإسلام، كما في الفتح (١١/ ٤٠٩)، وأجاب عنه الشيخ سليمان بن عبد الله في «تيسير العزيز الحميد» (٨٥). (٥) انظر: «زاد المعاد» (١/ ٤٩٥)، و «حادي الأرواح» (٨٩). (٦) «صحيح البخاري» (٥٧٥٤)، و «صحيح مسلم» (٢٢٢٣).

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