On a dit au sujet de la parole du Très-Haut : « Votre présage est auprès d’Allah ; mais vous êtes plutôt un peuple qu’Il éprouve » que le terme « présage » désigne ici la cause par laquelle votre bonheur comme votre malheur adviennent. Cette cause relève d’Allah seul ; c’est Son décret et la part qu’Il attribue : s’Il veut, Il vous accorde subsistance et santé, et s’Il veut, Il vous en prive et vous éprouve.
C’est dans ce sens qu’on a dit : « Le présage appartient à Allah, non pas à toi » (1), c’est-à-dire le décret souverain d’Allah qui fait venir les bienfaits et repousse les maux. Il en va de même de l’invocation : « Ô Allah, il n’est d’augure que Ton augure, il n’est de bien que Ton bien, et il n’est de divinité en dehors de Toi. »
Ainsi, l’expression « votre présage » (2) signifie : votre part, votre lot, ce qui « vole » vers vous (3). Quant à ceux qui l’expliquent par l’action, ils entendent : votre présage, c’est ce qui s’est envolé de vous parmi vos œuvres.
Ces deux lectures servent également à éclairer la parole du Très-Haut : « Nous avons attaché à chaque être humain son présage à son cou » : soit ce qui s’est détaché de lui parmi ses actes, soit ce qui a « volé » vers lui, à savoir ce qui a été décrété et prédestiné pour lui, ce qui a été inscrit pour lui en matière de subsistance, de terme, de malheur et de bonheur.
Section
Il est rapporté de façon authentique dans les deux Ṣaḥīḥ (4) que le Prophète ﷺ, décrivant les soixante-dix mille personnes qui entreront au Paradis sans reddition de comptes, a dit qu’il s’agit de « ceux qui ne se cautérisent pas, ne sollicitent pas d’incantations (ruqya), »