Il n’est pas de présage plus funeste que celui-ci.
On a également dit : il s’agit de leur part, de leur lot.
Cela ne contredit pas la parole des messagers : « Votre présage est avec vous », c’est-à-dire : votre part – le bien comme le mal qui vous atteint – reste attachée à vous, en raison de vos actes, de votre mécréance et de votre refus d’écouter les conseillers. Elle ne provient ni de nous ni par notre faute, mais bien de votre propre rébellion et de votre injustice.
Ainsi, le présage – ou la part – du transgresseur injuste demeure avec lui et se trouve auprès d’Allah, comme le dit le Très-Haut : « S’ils sont touchés par un bonheur, ils disent : “Cela vient d’Allah.” Mais s’il leur arrive un malheur, ils disent : “Il vient de toi.” Dis : “Tout vient d’Allah.” Qu’ont donc ces gens pour ne presque rien comprendre à la parole ? » ⦗An-Nisâ’ : 78⦘.
Si seulement ils avaient pénétré le sens et compris, ils ne se seraient pas adonnés au mauvais augure à propos de ce que tu leur as apporté ; car rien, dans le message du Messager ﷺ, ne justifie la ṭiyara (l’augure funeste). Tout y est bien absolu, sans mal ; réforme, sans corruption ; sagesse, sans futilité ; miséricorde, sans injustice. Si ces gens possédaient une intelligence saine, ils ne se seraient pas laissés gagner par cette superstition ; en effet, le mauvais augure ne se manifeste qu’à propos du mal, non à propos du bien pur, de l’intérêt, de la sagesse et de la miséricorde. Il n’y a donc, dans ce que tu leur as apporté – s’ils comprenaient –, rien qui légitime leur superstition ; leur présage les accompagne plutôt à cause de leur mécréance, de leur polythéisme et de leur transgression, et il est auprès d’Allah comme tous les autres lots et parts qu’ils recueillent par leurs actes et leurs acquisitions.
On peut encore comprendre l’expression « Votre présage est avec vous » en ce sens qu’il revient sur vous : le sort qui vous échoit ne fait que retomber sur vous.
Il s’agit là d’une forme de réciprocité dans l’énoncé, semblable à ce que l’on lit dans le hadith : « Nous avons pris…»