Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Il a ainsi distingué le cou, plutôt que tout autre membre, parce qu’il est l’emplacement du collier que l’on passe autour d’une personne et dont elle ne peut se libérer. De là les formules : « Le péché de cette affaire est sur ton cou », ou : « Fais-le, et son péché sera sur mon cou ». Les Arabes disent encore : « ṭuwwiqat-hā ṭawqa al-ḥamāma » (« on l’a ornée du collier de la colombe ») (1), et : « voilà un ribqa, un joug, à son cou » (2).

D’après al-Ḥasan : « Ô fils d’Adam (3), un feuillet a été déployé (4) pour toi ; lorsque tu seras ressuscité, on te l’accrochera à ton cou » (5).

Le cou a donc été privilégié parce qu’il est le lieu de la parure — collier ou amulette — et qu’il est courant d’y suspendre des objets, tout comme les mains sont spécialement mentionnées dans des expressions telles que : « à cause de ce que vos propres mains ont acquis » [Ash-Shûrâ : 30] et « pour ce que tes deux mains ont avancé » [Al-Ḥajj : 10], et autres passages semblables.

On a également dit que le grand mauvais augure est, pour eux, le châtiment du Feu qui les attend auprès d’Allah, et non le malheur (6) qui les a touchés ici-bas.

Selon une autre explication, la cause de leur malédiction auprès d’Allah est leur propre action, inscrite auprès de Lui ; c’est pour elle qu’Il leur infligera (7) ce qui les fera souffrir, et ils en seront punis après leur mort, ainsi qu’Allah le leur a promis.

(1) Voir : Jamhurat al-amthal, t. 1, p. 275 ; Thimar al-qulub, p. 679. (2) Au sens premier, la ribqa est une boucle aménagée dans une corde que l’on passe au cou ou à la patte de la bête pour la maintenir. Cf. al-Nihaya, s.v. « rbq ». (3) Les manuscrits portent : « al-Hasan ibn Adam ». J’ai ajouté la particule d’interpellation (yâ) pour éviter toute confusion. (4) Les manuscrits donnent : « litanzur », leçon fautive par rapport au texte établi dans Tafsir ‘Abd al-Razzaq, 2/237, al-Tabari, 17/400, al-Kashshaf, 2/652, etc. (5) La portion allant de « fi ‘unqi » (« dans mon cou ») jusqu’ici manque dans le manuscrit (T). (6) Le manuscrit (Q) lit : « wa huwa alladhi », leçon corrompue. (7) Le manuscrit (Q) lit : « yajri », avec la consonne non pointée (mahmala).
وخَصَّ العنقَ بذلك من بين سائر أجزاء البدن لأنها محلُّ الطَّوق الذي يُطَوَّقُه الإنسانُ في عنقه، فلا يستطيعُ فَكاكَه، ومن هذا يقال: إثمُ هذا في عنقك، وافعَلْ كذا وإثمُه في عنقي، والعربُ تقول: طُوِّقَها طوقَ الحمامة (١)، وهذا رِبقةٌ في رقبته (٢). وعن الحسن: [يا] ابن آدم (٣)، بُسِطَت (٤) لك صحيفةٌ إذا بُعِثْتَ قُلِّدْتَها في عنقك (٥). فخصُّوا العنقَ بذلك لأنه موضعُ القلادة والتَّميمة، واستعمالُهم التعاليقَ فيها كثير، كما خُصَّت الأيدي بالذِّكر في نحو: ﴿بِمَا كَسَبَتْ أَيْدِيكُمْ﴾ [الشورى: ٣٠]، ﴿بِمَا قَدَّمَتْ يَدَاكَ﴾ [الحج: ١٠]، ونحوه. وقيل: المعنى: أنَّ الشُّؤمَ العظيمَ هو الذي لهم عند الله من عذاب النار لا هذا الذي (٦) أصابهم في الدنيا. وقيل: المعنى: أنَّ سببَ شؤمهم عند الله، وهو عملُهم المكتوبُ عنده، الذي يجزي (٧) عليه ما يسوؤهم، ويعاقبون عليه بعد موتهم بما وعدهم الله.
(١) انظر: «جمهرة الأمثال» (١/ ٢٧٥)، و «ثمار القلوب» (٦٧٩). (٢) الرِّبقة في الأصل: عروةٌ في حبلٍ تجعل في عنق البهيمة أو يدها تمسكها. «النهاية» (ربق). (٣) في الأصول: «الحسن ابن آدم». وأضفت (يا) النداء لدفع الاشتباه. (٤) في الأصول: «لتنظر». وهو تحريفٌ عن المثبت من «تفسير عبد الرزاق» (٢/ ٢٣٧)، والطبري (١٧/ ٤٠٠)، و «الكشاف» (٢/ ٦٥٢)، وغيرها. (٥) من قوله: «في عنقي» إلى هنا ساقط من (ت). (٦) (ق): «وهو الذي». تحريف. (٧) (ق): «يجري». بالمهملة.

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