Il ajouta : « Les subsistances et les décrets divins vous suivent. » (1)
Ceci s’apparente à la parole du Très-Haut : « Nous avons attaché à chaque être humain son destin à son cou. » [al-Isrâ’ : 13]. Autrement dit, tout ce qui « vole » vers lui, qu’il s’agisse de bien ou de mal, demeure suspendu à son cou. Les Arabes disent : « Le ta’ir (destin) lui a couru telle part de bien ou de mal. »
Abû ‘Ubayda explique : « Chez eux, le ta’ir désigne la part, la fortune ; le commun l’appelle al-bakht. » (2) Ils disent : « Cela vole pour untel », c’est-à-dire : cela lui échoit.
J’ajoute : on retrouve cette tournure dans le hadith : « ‘Uthmân b. Maẓ‘ûn nous est “tombé” (faṭāra lanâ) » (3), c’est-à-dire qu’il nous a été attribué par tirage au sort lorsque les Anṣâr ont tiré au sort pour héberger les Muhâjirûn.
Il en va de même dans le hadith rapporté par Ruwayfi‘ b. Thâbit : « Au point que l’un de nous voyait “voler” vers lui la pointe et la plume de la flèche, tandis que l’autre recevait la hampe » (4), c’est-à-dire qu’il l’obtenait par le partage du butin.
À propos du verset : « Nous avons attaché à chaque être humain son destin à son cou », on a encore soutenu que le ta’ir y renvoie à l’action même ; c’est l’opinion d’al-Farrâ’ (5). Ce passage constitue, en outre, une réfutation des négateurs de la prédestination (qadar) (6).