Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

D’autres, au contraire, la réfutèrent par la seule raison ; ils nièrent qu’elle possédât la moindre efficacité, et blâmèrent ceux qui s’y fiaient, s’y appuyaient et s’imaginaient qu’elle agissait. Tel fut, par exemple, al-Muraqqish (1), qui déclara :

Bien des matins je suis parti, et jamais
je n’ai pris la route sous l’aile de Wâq ni de Hâtim ;
j’ai vu que les mauvais présages valent les favorables,
et que les favorables ne diffèrent pas des funestes.
Ainsi, nul bien ni nul mal
ne demeure à jamais sur personne.
Que le nouage des amulettes
ne t’empêche pas de rechercher le bien ;
tout cela est consigné depuis longtemps
dans les antiques premières lignes (2).

Juham al-Hudhalî (3) dit également :

Ne vois-tu pas que les deux devins, même lorsqu’ils lancent (4)
pour toi les oiseaux afin de sonder demain, sont aveugles ?
Ils ne font que conjecturer : tantôt ils se trompent,
tantôt ils atteignent une part de ce qu’ils décrivent.
Allah a décrété que nul, hormis Lui, ne connaît l’invisible ;
sur quel arrêt divin donc s’autorisent-ils à douter ?

(1) Les manuscrits et de nombreuses sources donnent cette leçon, mais il s’agit d’une altération ; la forme correcte est « al-Murqam », surnom de Khuzzaz b. Lawdhan, des Banou ‘Awf b. Sadous b. Chayban b. Dhuhl. Voir : al-Mu’talif wa-l-mukhtalif d’al-Amidi, p. 143 ; al-Ikhtiyariyyayn, p. 171 ; la Hamasa d’al-Buhturi, p. 139 ; al-Azmina wa-l-amkina, II, 233 ; ‘Uyoun al-akhbar, I, 145 ; Dhayl al-La’ali, p. 49. (2) Les vers figurent dans les sources précédentes ainsi que dans : al-Hayawan, III, 436 et 449 ; al-Ma‘ani al-kabir, pp. 262 et 1187 ; al-Zahra, p. 341 ; al-Sahil wa-l-Shahij, p. 273, entre autres. (3) Al-Zahra, p. 341, donne la variante : « Juhm b. ‘Abd al-Rahman al-Asadi ». (4) Al-Zahra lit : « wa-law hawat ».‎
ومنهم من أنكرها بعقله، وأبطلَ تأثيرَها بنظره، وذمَّ من اغترَّ بها واعتمد عليها وتوهَّم تأثيرَها، فمنهم المرقش (١)، إذ يقول: ولقد غدوتُ وكنتُ لا ... أغدو على واقٍ وحاتِمْ فإذا الأشائمُ كالأيا ... مِنِ والأيامِنُ كالأشائمْ وكذاك لا خيرٌ ولا ... شرٌّ على أحدٍ بدائمْ لا يمنعنَّك مِن بُغا ... ءِ الخيرِ تَعْقَادُ التَّمائمْ قد خُطَّ ذلك في السُّطو ... رِ الأوَّلِيَّاتِ القدائمْ (٢) وقال جهم الهذلي (٣): ألم تر أنَّ العائفَيْن وإن جرت (٤) ... لك الطَّيرُ عمَّا في غَدٍ عَمِيانِ يظنَّان ظنًّا، مرَّةً يخطِئانه ... وأخرى على بعض الذي يَصِفانِ قضى اللهُ أن لا يعلمَ الغيبَ غيرُه ... ففي أيِّ أمرِ اللهِ يمتريان
(١) كذا في الأصول وكثير من المصادر. وهو تحريف. والصواب: «المرقم»، وهو خُزَز بن لَوذان أحد بني عوف بن سدوس بن شيبان بن ذهل. انظر: «المؤتلف والمختلف» للآمدي (١٤٣)، و «الاختيارين» (١٧١)، و «حماسة» البحتري (١٣٩)، و «الأزمنة والأمكنة» (٢/ ٢٣٣)، و «عيون الأخبار» (١/ ١٤٥)، وذيل «اللآلي» (٤٩). (٢) الأبيات في المصادر السابقة، و «الحيوان» (٣/ ٤٣٦، ٤٤٩)، و «المعاني الكبير» (٢٦٢، ١١٨٧)، و «الزهرة» (٣٤١)، و «الصاهل والشاحج» (٢٧٣) وغيرها. (٣) في «الزهرة» (٣٤١): «جهم بن عبد الرحمن الأسدي». (٤) «الزهرة»: «ولو حوت».

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