D’autres, au contraire, la réfutèrent par la seule raison ; ils nièrent qu’elle possédât la moindre efficacité, et blâmèrent ceux qui s’y fiaient, s’y appuyaient et s’imaginaient qu’elle agissait. Tel fut, par exemple, al-Muraqqish (1), qui déclara :
Bien des matins je suis parti, et jamais
je n’ai pris la route sous l’aile de Wâq ni de Hâtim ;
j’ai vu que les mauvais présages valent les favorables,
et que les favorables ne diffèrent pas des funestes.
Ainsi, nul bien ni nul mal
ne demeure à jamais sur personne.
Que le nouage des amulettes
ne t’empêche pas de rechercher le bien ;
tout cela est consigné depuis longtemps
dans les antiques premières lignes (2).
Juham al-Hudhalî (3) dit également :
Ne vois-tu pas que les deux devins, même lorsqu’ils lancent (4)
pour toi les oiseaux afin de sonder demain, sont aveugles ?
Ils ne font que conjecturer : tantôt ils se trompent,
tantôt ils atteignent une part de ce qu’ils décrivent.
Allah a décrété que nul, hormis Lui, ne connaît l’invisible ;
sur quel arrêt divin donc s’autorisent-ils à douter ?