t’oriente vers ta droite. » — J’ajoutai : « Et le bâriḥ ? » — « Celui qui t’oriente vers ta gauche. » Puis il précisa : « Ce qui vient de face (1) est appelé nâṭiḥ ou naṭîḥ, et ce qui te parvient par-derrière est le qâʿid ou qaʿîd. »
Al-Mufaḍḍal al-Ḍabbî déclara pour sa part : « Le bâriḥ est ce qui te vient de la droite en visant ta gauche, tandis que le sâniḥ est ce qui te vient de la gauche et passe sur ta droite. »
S’ils divergent quant à son classement et à ses modalités, c’est parce qu’il ne s’agit que d’élans de l’imagination, d’intuitions et de conjectures sans fondement. Celui qui y voit un bienfait le loue ; celui qui y lit un mauvais présage le blâme. Quiconque, parmi eux, acquérait la réputation d’exceller dans le zajr (l’art de tirer des présages) et ses variantes, au point que les gens le consultaient à propos de leurs affaires et des projets qu’ils formaient, on le désignait comme ʿâʾif ou ʿarrâf.
Parmi les Arabes, plusieurs personnages étaient célèbres en ce domaine : le devin de Yamâma, al-Ablaq al-Usaydî (2), al-Ajlaḥ, ʿUrwa b. Zayd (3) et d’autres encore (4).
Ils statuaient d’après ces augures, agissaient en conséquence, avançant ou reculant dans toutes leurs entreprises, qu’il s’agisse de sécurité ou de crainte, d’aisance ou de gêne, de guerre ou de paix. Si l’issue étaient heureuse, ils en faisaient l’éloge et persévéraient ; si cela tournait au désastre, ils l’abandonnaient en le vouant aux gémonies ; et, en cas d’échec, ils le blâmaient à nouveau et s’en détournaient (5).