— Parle donc, reprit-il. Tu t’es vu, dans ton songe, gravir une montagne.
Al-Maḥdī s’exclama : « Qu’Allah honore ton père, ô devin ! Tu as vu juste. »
L’homme répondit : « Je ne suis point un devin, ô Commandeur des croyants ; seulement, lorsque ta main a glissé sur ta tête, j’ai pratiqué pour toi la zajr (1). J’ai compris que, dessus la tête, il n’y a rien sinon le ciel ; je l’ai donc interprété par une montagne. Puis ta main est descendue jusqu’à ton front ; j’en ai inféré ta descente vers une terre unie où coulent deux sources saumâtres. Ensuite, ta main a glissé jusqu’à ta cuisse ; j’en ai conclu que tu étais parvenu au pied de la montagne et que tu y rencontrais un homme issu de ton clan quraychite, car lorsque le Commandeur des croyants a touché sa cuisse, j’ai su que l’homme rencontré lui était apparenté. »
— « Exact », confirma le calife, qui ordonna qu’on lui remît une somme d’argent et qu’il pût désormais être admis sans intermédiaire.
• Relèvent de la même pratique ceux qui tirent des présages du vol des oiseaux : le sâniḥ, le bâriḥ, le qâʿid et le nâṭiḥ.
L’origine en est qu’ils déclenchaient le vol d’oiseaux ou de bêtes sauvages ; ce qui prenait son essor à leur droite et filait vers la droite était appelé sâniḥ, ce qui partait à leur gauche était appelé bâriḥ, ce qui arrivait face à eux était le nâṭiḥ, et ce qui venait de l’arrière était le qâʿid. Chez certains Arabes, le bâriḥ est de mauvais augure (2) et le sâniḥ, porteur de bénédiction, tandis que d’autres pensent exactement l’inverse (3).
Al-Madāʾinî (4) rapporte : « J’ai demandé à Ruʾbah b. al-ʿAjjāj : “Qu’appelle-t-on sâniḥ ?” — Il répondit : “Celui qui…” »