Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

— Parle donc, reprit-il. Tu t’es vu, dans ton songe, gravir une montagne.
Al-Maḥdī s’exclama : « Qu’Allah honore ton père, ô devin ! Tu as vu juste. »
L’homme répondit : « Je ne suis point un devin, ô Commandeur des croyants ; seulement, lorsque ta main a glissé sur ta tête, j’ai pratiqué pour toi la zajr (1). J’ai compris que, dessus la tête, il n’y a rien sinon le ciel ; je l’ai donc interprété par une montagne. Puis ta main est descendue jusqu’à ton front ; j’en ai inféré ta descente vers une terre unie où coulent deux sources saumâtres. Ensuite, ta main a glissé jusqu’à ta cuisse ; j’en ai conclu que tu étais parvenu au pied de la montagne et que tu y rencontrais un homme issu de ton clan quraychite, car lorsque le Commandeur des croyants a touché sa cuisse, j’ai su que l’homme rencontré lui était apparenté. »
— « Exact », confirma le calife, qui ordonna qu’on lui remît une somme d’argent et qu’il pût désormais être admis sans intermédiaire.

• Relèvent de la même pratique ceux qui tirent des présages du vol des oiseaux : le sâniḥ, le bâriḥ, le qâʿid et le nâṭiḥ.
L’origine en est qu’ils déclenchaient le vol d’oiseaux ou de bêtes sauvages ; ce qui prenait son essor à leur droite et filait vers la droite était appelé sâniḥ, ce qui partait à leur gauche était appelé bâriḥ, ce qui arrivait face à eux était le nâṭiḥ, et ce qui venait de l’arrière était le qâʿid. Chez certains Arabes, le bâriḥ est de mauvais augure (2) et le sâniḥ, porteur de bénédiction, tandis que d’autres pensent exactement l’inverse (3).

Al-Madāʾinî (4) rapporte : « J’ai demandé à Ruʾbah b. al-ʿAjjāj : “Qu’appelle-t-on sâniḥ ?” — Il répondit : “Celui qui…” »

(1) Manuscrit T : «fa hazartu» («j’ai alors conjecturé»). (2) Dans Bulugh al-arab d’al-Alusi, vol. 3, p. 312, figure en sus : «car on ne peut le viser qu’en se déviant vers lui». (3) Voir : al-Amali d’al-Qali, 2/240 ; al-‘Umda d’Ibn Rashiq, p. 1035. (4) Abou l-Hasan ‘Ali b. Muhammad, traditionniste et auteur prolifique (m. 225 H, selon d’autres avis), a composé al-Qiyafa wa-l-fa’l wa-zajr, ouvrage aujourd’hui perdu ; le présent auteur, ainsi que ceux de Nathr ad-dur et de at-Tadhkira al-hamduniyya, rapportent de lui plusieurs récits. Cf. Siyar, 10/400 ; Irshad al-arib, p. 1852.
قال: هات، قال: رأيتَ كأنك صَعَدْتَ جبلًا، فقال المهدي: لله أبوك يا سحَّار! صدقت، قال: ما أنا بسحَّارٍ يا أمير المؤمنين، غير أنك مسحتَ بيدك على رأسك، فزجرتُ (١) لك، وعلمتُ أنَّ الرأسَ ليس فوقه أحدٌ إلا السماء، فأوَّلتُه بالجبل، ثمَّ نزلتَ بيدك إلى جبهتك، فزجرتُ لك بنزولك إلى أرضٍ ملساءَ فيها عينان مالحتان، ثمَّ انحدرتَ إلى سفح الجبل فلقيتَ رجلًا من فخذك قريش؛ لأنَّ أميرَ المؤمنين مسح بعد ذلك بيده على فخذه، فعلمتُ أنَّ الرجلَ الذي لقيه من قرابته، قال: صدقت، وأمرَ له بمالٍ، وأمرَ أن لا يُحْجَبَ عنه. * ومِنْ ذلك: هؤلاء، أصحابُ الطير السَّانح والبارح، والقَعِيد والناطح. وأصلُ هذا أنهم كانوا يزجُرون الطيرَ والوحشَ ويُثِيرونها، فما تيامَن منها وأخذ ذات اليمين سمَّوه: سانحًا، وما تياسَر منها سمَّوه: بارحًا، وما استقبلهم منها فهو: الناطح، وما جاءهم من خلفهم سمَّوه: القَعِيد، فمن العرب من يتشاءمُ بالبارح (٢) ويتبرَّكُ بالسانح، ومنهم من يرى خلاف ذلك (٣). قال المدائني (٤): سألتُ رؤبةَ بن العجَّاج: ما السانح؟ فقال: ما ولَّاك
(١) (ت): «فحزرت». (٢) في «بلوغ الأرب» للآلوسي (٣/ ٣١٢)، هنا زيادة، وهي: «لأنه لا يمكن رميه إلا بأن ينحرف إليه». (٣) انظر: «الأمالي» للقالي (٢/ ٢٤٠)، و «العمدة» لابن رشيق (١٠٣٥). (٤) أبو الحسن علي بن محمد، الإخباري، العلامة، صاحب التصانيف (ت: ٢٢٥، وقيل غير ذلك)، له كتاب: «القيافة والفأل والزجر» لم يعثر عليه بعد، ونقل المصنفُ وصاحبا «نثر الدر» و «التذكرة الحمدونية» عنه جملةً من الأخبار. انظر: «السير» (١٠/ ٤٠٠)، و «إرشاد الأريب» (١٨٥٢).

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