la terre ; puis il lève la tête, et la toute première chose sur laquelle se pose son regard sert de présage. Lorsque vous m’avez interrogé pour la première fois, la première chose que j’ai vue fut de l’eau dans une outre ; j’ai alors dit : « Il est retenu. » Puis, quand vous êtes revenus me questionner, j’ai constaté que l’outre avait été vidée ; j’ai donc déclaré : « Il sera relâché. » Tantôt nous voyons juste, tantôt nous nous trompons (1).
• Sur le même principe, certains tirent un augure des jours de la semaine : si, par exemple, quelqu’un fait un rêve ou entreprend une affaire un dimanche, ils disent : « vivacité et force »; si c’est un vendredi : « rassemblement et concorde »; et si c’est un samedi : « rupture et séparation » (2).
• D’autres encore infèrent la réponse du point du corps que le consultant touche lorsqu’il pose sa question : s’il met la main sur sa tête, cela désigne son supérieur ou son chef ; sur les deux pieds, son appui ; sur le nez, un bâtiment élevé ou une colline ; sur la bouche, un puits d’eau douce ; sur la barbe, des arbres ou des cultures, et ainsi de suite.
Parmi les exemples rapportés figure l’histoire d’al-Mahdî : il fit un rêve dont il fut ensuite privé du souvenir (3) et se leva, tout chagrin. On le dirigea vers un homme versé dans l’art de l’augure et du présage, très habile en la matière, nommé Khuwaylid. Lorsqu’il fut introduit, le calife lui exposa ce qu’il attendait de lui. L’homme dit : « Ô Commandeur des croyants, le praticien de l’augure et du présage observe les mouvements et les gestes des gens (4). » Al-Mahdî s’irrita : « Gloire à Allah ! Voilà qu’on vante la science de l’un d’entre vous alors qu’il n’en connaît même pas la nature ! » Puis il passa sa main sur sa tête et sur son visage et frappa de la main sa cuisse. L’homme lui dit alors : « Je vais, ô Commandeur des croyants, te dévoiler ton rêve, »