Ils vont jusqu’à dire : « Si tu veux connaître le bien ou le mal que recèle le rêve du consultant, saisis la première lettre du propos qu’il t’adresse, puis interprète son songe d’après la signification de cette lettre.
Si la première lettre qu’il prononce est un bāʾ, son rêve est favorable, car le b renvoie à al-bahāʾ (splendeur) et au khayr (bien). Ne le vois-tu pas dans les mots birr (piété), baraka (bénédiction), bulūgh al-āmāl (accomplissement des espérances), baqāʾ (pérennité), bushrā (bonne nouvelle), bayān (clarté) et bakht (fortune) ? Ainsi, lorsque la première lettre est un b, sache qu’il a contemplé ce qui l’embellit et lui annonce des bienfaits. Si la première lettre est un tāʾ, il a été gratifié de la complétude et de la perfection ; si c’est un thāʾ, annonce-lui l’abondance de biens et de mobilier, conformément à la parole d’Allah : « Ils sont mieux pourvus en meubles et en apparence » [Maryam : 74]. Puis ils concluent : « Contente-toi de ces trois lettres, rien ne leur échappe ni ne les dépasse. »
Lorsque tu examines l’ignorance de ces gens, tu la trouves extrême : comment ont-ils associé le bāʾ à bahāʾ et baraka, sans tenir compte de buʾs (détresse), baghy (injustice), bayn (séparation), balāʾ (épreuve), bawār (ruine) et buʿd (éloignement) ? Comment ont-ils attribué au tāʾ l’idée de perfection, en négligeant taʿs (malheur), tabāb (perdition), tadmīr (destruction), talaf (perte) et autres (1) ? Et comment ont-ils lié le thāʾ à al-athāth, en laissant de côté thufl (résidu), thiqal (pesanteur), thalb (atteinte) et similaires ?
• Il en va de même de celui qui se fonde sur le premier objet que son regard rencontre, comme on le raconte d’Abû Maʿshar : lui et un compagnon s’arrêtèrent chez l’un de ces devins alors qu’ils se rendaient pour obtenir la libération d’un prisonnier. Ils l’interrogèrent ; il leur dit : « Vous cherchez à faire libérer un détenu. » Ils s’en étonnèrent. Abû Maʿshar lui demanda : « Sera-t-il libéré ou non ? » Le devin répondit : « Allez-y, vous le trouverez déjà relâché. » Les faits se déroulèrent exactement comme il l’avait annoncé. Abû Maʿshar le fit alors venir, l’honora et, avec délicatesse, l’interrogea sur la façon dont il l’avait su. Il expliqua : « Nous sommes des gens qui tirons nos augures du regard : l’un de nous pose d’abord les yeux sur…"