Si donc nous allions jusqu’à leur concéder la validité des fondements et des règles de cette « science », leurs jugements n’en resteraient pas moins nuls : ce sont des sentences rendues sans véritable savoir. En effet – nous l’avons expliqué – il est impossible de maîtriser la totalité des causes comme d’écarter tous les obstacles. C’est pourquoi ils s’accordent souvent sur l’un de leurs verdicts mensongers, puis l’évènement se déroule à l’inverse de ce qu’ils avaient prédit, comme on l’a déjà montré ⦗1⦘.
• Quant aux récits qui célèbrent la justesse de leurs prédictions dans quelques cas, ils ne dépassent guère, en nombre, ceux que l’on rapporte au sujet des devins qui lisent l’omoplate ⦗2⦘, des pratiquants du bon augure, des augures négatifs, de la divination par les oiseaux ⦗3⦘, du tirage au caillou, des coups frappés ⦗4⦘, de l’ornithomancie, de la kâhana, du traçage de lignes, de la simple conjecture, et des autres « sciences » de la jâhiliyya. J’entends par jâhiliyya quiconque ne suit pas les envoyés : philosophes, astrologues, devins, ainsi que les Arabes d’avant le Prophète ﷺ. Voilà, en vérité, tout le savoir qu’ils possédaient ; ils ignoraient totalement ce qu’apportaient les messagers.
• Certains d’entre eux vont jusqu’à prétendre qu’ils tirent, des seules lettres de l’alphabet, la science des devins ⦗5⦘, et ils ont même rédigé à ce sujet divers traités et ouvrages ⦗6⦘.