Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Si donc nous allions jusqu’à leur concéder la validité des fondements et des règles de cette « science », leurs jugements n’en resteraient pas moins nuls : ce sont des sentences rendues sans véritable savoir. En effet – nous l’avons expliqué – il est impossible de maîtriser la totalité des causes comme d’écarter tous les obstacles. C’est pourquoi ils s’accordent souvent sur l’un de leurs verdicts mensongers, puis l’évènement se déroule à l’inverse de ce qu’ils avaient prédit, comme on l’a déjà montré ⦗1⦘.

• Quant aux récits qui célèbrent la justesse de leurs prédictions dans quelques cas, ils ne dépassent guère, en nombre, ceux que l’on rapporte au sujet des devins qui lisent l’omoplate ⦗2⦘, des pratiquants du bon augure, des augures négatifs, de la divination par les oiseaux ⦗3⦘, du tirage au caillou, des coups frappés ⦗4⦘, de l’ornithomancie, de la kâhana, du traçage de lignes, de la simple conjecture, et des autres « sciences » de la jâhiliyya. J’entends par jâhiliyya quiconque ne suit pas les envoyés : philosophes, astrologues, devins, ainsi que les Arabes d’avant le Prophète ﷺ. Voilà, en vérité, tout le savoir qu’ils possédaient ; ils ignoraient totalement ce qu’apportaient les messagers.

• Certains d’entre eux vont jusqu’à prétendre qu’ils tirent, des seules lettres de l’alphabet, la science des devins ⦗5⦘, et ils ont même rédigé à ce sujet divers traités et ouvrages ⦗6⦘.

(1) p. 1199. (2) Dans les manuscrits D et Q, le mot est écrit sans points diacritiques ; les copies T et S lisent « al-Kahf », tandis que le manuscrit Ṭ porte « al-Kashf ». La leçon retenue ici paraît la plus sûre. Cf. supra, p. 1434. (3) Les manuscrits donnent cette lecture, qui renvoie à al-saniḥ et al-bāriḥ (voir p. 1434) ; leur explication sera donnée plus loin. On pourrait toutefois corriger en : « wa-l-zajr li-l-ṭāʾir » (le cri pour faire fuir l’oiseau). (4) Il s’agit de la divination par le jet de cailloux ; d’autres y voient le tracé de traits dans le sable. Voir : Ibn al-Athir, al-Nihāya, racine ṭ-r-q. (5) Le manuscrit Q lit « al-makān » (le lieu), lecture fautive. Cf. supra, p. 1434. (6) Voir : al-Taḥṭāwī, Abjad al-ʿulūm, t. 2, p. 79, 152, 236, 238 ; Haji Khalifa, Kashf al-ẓunūn, p. 650 ; ʿUmar Rida Kahhala, Muʿjam al-muʾallifīn, t. 2, p. 26 ; t. 11, p. 223, 258, 260 ; t. 13, p. 255, 325.
فلو ساعدناهم على صحة أصول هذا العلم وقواعده لكانت أحكامُهم باطلة، وهي أحكامٌ بلا علم؛ لِمَا ذكرنا من تعذُّر الإحاطة بمجموع الأسباب وانتفاء الموانع، ولهذا كثيرًا ما يُجْمِعون على حكمٍ من أحكامهم الكاذبة فيقعُ الأمرُ بخلافه، كما تقدَّم (١). * وأمَّا تلك الحكاياتُ المتضمِّنةُ لإصابتهم في بعض الأحوال، فليست بأكثر من الحكايات عن أصحاب الكتف (٢)، والفأل، والزَّجر، والطَّائر (٣)، والضَّرب بالحصى، والطَّرْق (٤)، والعِيافة، والكهانة، والخَطِّ، والحَدْس، وغيرها من علوم الجاهلية، وأعني بالجاهلية: كلَّ من ليس من أتباع الرسل، كالفلاسفة والمنجِّمين والكهَّان وجاهلية العرب الذين كانوا قبل النبيِّ ﷺ؛ فإنَّ هذه كانت علومَ القوم، ليس لهم علمٌ بما جاءت به الرسل. * ومِن هؤلاء من يزعمُ أنه يأخذُ من الحروف علمَ الكهَّان (٥)، ولهم في ذلك تصانيفُ وكتب (٦).
(١) (ص: ١١٩٩). (٢) كذا رسمت في (د، ق) دون إعجام. وفي (ت، ص): «الكهف». (ط): «الكشف». ولعل المثبت هو الصواب. وانظر ما تقدم (ص: ١٤٣٤). (٣) كذا في الأصول. وهو السانح والبارح، كما مضى (ص: ١٤٣٤)، وسيأتي تفسيره. وربما كان صوابه: والزجر للطائر. (٤) وهو الضرب بالحصى، وقيل: الخط في الرمل. «النهاية» (طرق). (٥) (ق): «المكان». وهو تحريف. وانظر ما تقدم (ص: ١٤٣٤). (٦) انظر: «أبجد العلوم» (٢/ ٧٩، ١٥٢، ٢/ ٢٣٦، ٢٣٨)، و «كشف الظنون» (٦٥٠)، و «معجم المؤلفين» (٢/ ٢٦، ١١/ ٢٢٣، ٢٥٨، ٢٦٠، ١٣/ ٢٥٥، ٣٢٥).

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