quand bien même il cesserait ensuite toute cohabitation et la séquestrerait de façon à être certain qu’aucun autre ne l’a approchée — fait d’une extrême rareté —, l’astrologue serait tout de même incapable de connaître la destinée de cet enfant ni le moindre détail de son existence ; quiconque prétend le contraire s’affiche comme un menteur patenté et un calomniateur.
Par ailleurs, les tenants de cette discipline reconnaissent eux-mêmes que l’« ascendant de la naissance » n’est qu’un emprunt dénué de toute utilité, car l’enfant ne vient pas à l’existence à cet instant : il ne fait que passer d’un lieu à un autre.
Ils confessent en outre que le fixer avec exactitude est extrêmement ardu, voire impossible : en une fraction de seconde, la configuration (1) du firmament se modifie d’une manière qu’Allah seul — Lui qui sait toute chose — peut dénombrer, et il ne fait aucun doute que l’ascendant varie alors considérablement, sans qu’il soit possible de le saisir.
Ils concèdent ainsi que cette fluctuation anéantit leurs jugements et qu’il n’existe aucun moyen de s’en prémunir.
Quel esprit sensé pourrait donc faire confiance à pareille « science » après tout cela ?
Nous avons déjà montré que, quand bien même elle serait exacte et exemptée de tout vice — ce qui est irréalisable —, elle ne représenterait qu’une fraction de la cause ; or un jugement ne s’attribue pas à une partie de sa cause. Et, à supposer même qu’elle formât une cause complète, les facteurs qui la détournent ou l’entravent échappent totalement à toute maîtrise : un jugement ne vaut qu’une fois sa cause intégrale réunie et tout empêchement levé. Or ces causes et ces obstacles dépassent tout dénombrement et tout contrôle, hormis pour Celui qui a compté chaque chose et embrasse toute réalité de Sa science. Il n’est d’autre divinité que Lui, le Parfait Connaisseur de l’invisible (2).