délie la bourse !
Et il continue de le pousser du coude (1), de l’agripper et de l’appâter jusqu’à lui soutirer tout ce que son âme consent à lâcher. S’il le voit lambiner, il lui lance : « Hâte-toi avant que ne s’écoule cette heure heureuse ; c’est un moment béni et la dépense qui y est faite sera remplacée (2). N’as-tu pas entendu ton Prophète dire : “Facilitez et ne compliquez pas !” ? »
Lorsqu’il a engrangé ce qu’il lui a pris, il en rajoute : « Ajoute-moi encore (3), car tes affaires sont nombreuses ; elles exigent peine, réflexion et de longs calculs. » Une fois qu’il a obtenu tout ce qu’il peut, il puise alors, du plus profond de lui-même (4), et lui sert à pleines mesures, tirés du sac des mensonges, tout ce qui lui vient, sans se soucier qu’on le tienne pour menteur ou pour véridique.
Puis il lui déclare : « Mon frère, ton signe est le Lion ; c’est la flèche de l’inimitié et de la jalousie. Jamais personne ne t’a pris pour ennemi et n’en est sorti victorieux ; au contraire, Allah te fera l’emporter et Te donnera la victoire sur lui.
Oui, c’est un signe de feu, et le feu procède de la lumière, et dans la lumière résident l’éclat et la réjouissance. Réjouis-toi : tu es promis à une longue vie. Tu ne mourras pas maintenant ; ta durée s’étendra de soixante à soixante-dix, à quatre-vingts, voire à quatre-vingt-dix ans. Le lieu où tu gagneras ta subsistance sera tel ou tel, et je vois devant toi une affaire importante qui… »