vers l’adoration des idoles ; et si l’on en venait au culte du soleil, de la lune ou des étoiles, il serait encore le premier à s’y prosterner.
Leur seul fonds de commerce est le mensonge, la supercherie et l’art de soutirer au consultant des bribes sur son état, glanées dans ses lapsus, son allure et ses desseins (1). Ils lui débitent alors ce qui s’accorde avec ces indices, de sorte que son esprit s’en trouve subjugué, et il s’exclame : « Voilà des hommes qui possèdent une science (2) que nul autre n’a reçue ! »
Le plus souvent, tu les vois gagner quelque village ou se tapir dans une échoppe écartée de la route ; là, ils se postent pour la chasse (3) et tendent leur filet. Qu’un Bédouin, un Abyssin (4) ou un Turkmène passe par là, ils saluent aussitôt son apparition comme un heureux présage et lui disent : « Assieds-toi, que je t’expose ce qu’indiquent ton étoile et ton ascendant : la maison de tes biens, celle de ton lit, la maison de tes joies et de tes peines, et combien il te reste avant le qaṭʿ (5). »