Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

vers l’adoration des idoles ; et si l’on en venait au culte du soleil, de la lune ou des étoiles, il serait encore le premier à s’y prosterner.

Leur seul fonds de commerce est le mensonge, la supercherie et l’art de soutirer au consultant des bribes sur son état, glanées dans ses lapsus, son allure et ses desseins (1). Ils lui débitent alors ce qui s’accorde avec ces indices, de sorte que son esprit s’en trouve subjugué, et il s’exclame : « Voilà des hommes qui possèdent une science (2) que nul autre n’a reçue ! »

Le plus souvent, tu les vois gagner quelque village ou se tapir dans une échoppe écartée de la route ; là, ils se postent pour la chasse (3) et tendent leur filet. Qu’un Bédouin, un Abyssin (4) ou un Turkmène passe par là, ils saluent aussitôt son apparition comme un heureux présage et lui disent : « Assieds-toi, que je t’expose ce qu’indiquent ton étoile et ton ascendant : la maison de tes biens, celle de ton lit, la maison de tes joies et de tes peines, et combien il te reste avant le qaṭʿ (5). »

(1) Les manuscrits Q, D et S portent : «wa a’raduhu» («et ses symptômes»), la consonne étant non pointée. (2) Le manuscrit Q lit : «ata’» («don»). (3) Autrement dit, il dresse son piège pour l’y faire tomber ; cf. Lisan al-Arab (racine s-l-a) et Al-Asas (article s-l-y). (4) Les manuscrits D, Q et S donnent «khashani» («grossier»), tandis que T a «khunthi» («efféminé»). Nous retenons la leçon de Ṭ, «habashi» («abyssin»), plus cohérente : la rudesse n’a pas de sens ici, alors que les Abyssiniens comptaient nombre d’esclaves. (5) Chez les astrologues, le «qat’» (coupure) désigne une conjonction planétaire censée annoncer un malheur selon l’ascendant ; le danger peut toutefois être évité par des précautions. Par euphémisme, le terme sert à parler de la mort, comprise comme une interruption de la vie. Cf. Faraj al-mahmum (1, 3, 46, 51, 55, 67, 69, 70, 82) ; Tahsin al-qabih wa-taqbih al-hasan, al-Tha’alibi (35-36) ; Nashwar al-muhadara (2/330) ; Takmila al-ma’ajim, Dozy (8/317).
والشمس والقمر والنجوم لكان أولَ العابدين. ورأسُ مالهم الكذبُ والزَّرْقُ وأخذُ أحوال السائل منه ومن فَلَتات لسانه وهيأته وأغراضه (١)، فيخبرونه بما يناسبُ ذلك من أحواله، فينفعلُ عقلُه لهم، ويقول: لقد أُعطِي هؤلاء علمًا (٢) لم يُعْطَهُ غيرُهم. وتراهم في الغالب يقصدُ أحدُهم قريةً أو دكَّانًا منزويًا عن الطريق، ويَصْلِي فيه للصَّيد (٣)، وينصبُ الشَّبكة، فإذا لاحَ له بدويٌّ أو حبشيٌّ (٤) أو تركمانيٌّ فإنه يَسْتَبْرِك بطلعته، ويقول له: اجلِس حتى أبيِّن لك ما يقتضيه نجمُك وطالعُك، وبيتُ مالك، وبيتُ فراشك، وبيتُ أفراحك وهمومك، وكم بقي عليك من القَطْع (٥).
(١) (ق، د، ص): «وأعراضه». بالمهملة. (٢) (ق): «عطاء». (٣) أي: ينصب شِرَاكه، ليوقعه. «اللسان» (صلا)، و «الأساس» (صلي). (٤) (د، ق، ص): «خشني». (ت): «خنثي». والمثبت من (ط)، وهو أشبه؛ فإنه لا مزية للخشنيين في هذا السياق، والأحباش فالعبيدُ منهم كثير. (٥) القطع عند المنجمين: اقترانٌ للنجوم يحدُث عنه مكروهٌ وشرٌّ بحسب الطالع، وقد ينقضي دون وقوع المكروه إن أمكن الاحترازُ منه. ويكنُّون به عن الموت، وأنه قطعٌ للحياة بحادثٍ يعرض للحيِّ. انظر: «فرج المهموم» (١، ٣، ٤٦، ٥١، ٥٥، ٦٧، ٦٩، ٧٠، ٨٢)، و «تحسين القبيح وتقبيح الحسن» للثعالبي (٣٥، ٣٦)، و «نشوار المحاضرة» (٢/ ٣٣٠)، و «تكملة المعاجم» لدوزي (٨/ ٣١٧).

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