Or, d’autres récits la contredisent ; comment donc serait-il permis de s’y cramponner dans une affaire d’une telle gravité ?!
Quant aux chroniques des devins, on y trouve des faits encore plus étonnants (1) : ils annoncèrent la venue du Sceau des messagers, Muhammad ﷺ, avant même son avènement ; cela figure dans les Preuves de la prophétie (2).
Nous ne nions pas l’existence d’un savoir fait d’intuitions préalables, liées à des causes qui y conduisent et que les facultés humaines appréhendent et acquièrent à des degrés divers. Mais notre propos avec vous concerne les fondements de la “science” des jugements : montrer sa corruption, le mensonge qui entache la plupart des sentences qu’on lui attribue, démontrer aussi que, fût-elle authentique, la nocivité de cette science dépasserait de beaucoup (3) le bénéfice qu’elle pourrait procurer ici-bas et dans l’au-delà, et que ses adeptes ont la plus large part de cette parole d’Allah : « Ceux qui ont adopté le veau (comme divinité) seront atteints de la colère de leur Seigneur et d’un avilissement dans la vie d’ici-bas ; ainsi rétribuons-Nous les imposteurs. » [Al-Aʿrâf : 152].
Les partisans de ce savoir sont, en ce monde, les plus méprisés : nul d’entre eux ne peut gagner sa subsistance par ce moyen sans subir l’humiliation la plus extrême. Leur “noble” est contraint de se faire le serviteur dévoué d’un percepteur d’impôts, d’une administration ou d’un gouverneur, vivant sous son ombre et dans sa protection, tandis que les autres se terrent au bord des routes ou dans les recoins des échoppes, honteusement dissimulés.
Leur gibier, ce sont toutes les personnes à l’intelligence, à la foi et à la religion déficientes : un enfant, une femme, un âne sous peau humaine, ou encore ces mouches de la convoitise (4) qui se rueraient, à la moindre lueur d’espoir, vers l’adoration des idoles.