à l’exclusion — qu’Allah l’en ait préservé — des mensonges et des élucubrations des astrologues ; Allah est plus savant. (1)
• Quant à l’argument qu’il avance (2), selon lequel Pharaon faisait égorger les fils des enfants d’Israël et laissait vivre leurs filles, parce que — disent certains exégètes — des astrologues l’auraient averti qu’il naîtrait parmi eux un garçon qui causerait sa perte,
la plupart des commentateurs n’attribuent en réalité cette information qu’aux devins.
D’autres rapportent que ses proches lui dirent : « Les enfants d’Israël prétendent qu’il va naître chez eux un enfant par qui tu périras. »
Ces deux versions sont celles que l’on retrouve dans les ouvrages d’exégèse (3) ; quant à la version selon laquelle les astrologues le lui auraient annoncé, elle ressort au mieux des récits des Gens du Livre (4).
(1) La grande majorité des chaféites jugent l’astrologie (tanjim) illicite : l’apprendre, l’enseigner, la pratiquer ou en vendre les ouvrages est interdit. Voir : al-Majmûʿ (1/27 ; 9/253) ; Rawdat al-Ṭâlibîn (9/346) ; Mughni al-Muḥtâj (2/12 ; 4/120, 210), etc.
Certains se sont toutefois laissés abuser par les anecdotes attribuées à l’imâm al-Shâfiʿî et ont conclu que seul était prohibé le fait de croire à l’influence réelle des astres. Voir : Ṭabaqât al-Shâfiʿiyya, de Tâj ad-Dîn as-Subkî (2/101-102).
(2) C’est-à-dire Fakhr ad-Dîn ar-Râzî.
(3) Voir : Tafsîr aṭ-Ṭabarî (2/45) ; ad-Durr al-Manthûr (1/166).
(4) Il a été signalé plus haut (p. 1356) que ce récit est rapporté de Qatâda et Ibn Isḥâq. Je ne vois aucune raison de l’écarter ni d’en faire un conflit avec les autres versions : toutes proviennent des exégèses des salaf. Quand bien même on établirait que les conseillers de Pharaon étaient des astrologues, que l’astrologie fût connue de son temps et qu’ils aient vu juste, qu’en résulterait-il ? L’astrologue peut toucher juste par simple conjecture. Il semble plutôt qu’il s’agissait de kahins (devins) qui observaient les astres ; certains récits les qualifient de ḥazzâʾûn (haruspices), et l’astrologue parmi eux pouvait être appelé kahin. Voir : Sharḥ as-Sunna (12/182).