car il n’engendre pas ! Comment pourrais-je manger d’un produit acheté pour moi chez quelqu’un dont je t’ai interdit la compagnie ? »
Al-Rabîʿ ajoute : « Je rapportai donc le raisin au vendeur, lui présentai des excuses choisies, puis j’en achetai d’autres ailleurs. (1)
Harmala rapporte encore : « J’ai entendu al-Shâfiʿî dire : “Gardez-vous du borgne, du loucheron, du boiteux, du bossu, du blond aux yeux clairs, de l’imberbe (2) et, d’une manière générale, de quiconque porte une infirmité corporelle ; prenez garde à tout être déficient de constitution, car il est tortueux d’esprit et la transaction avec lui est ardue. (3)”
Il dit une autre fois : “Ces gens-là sont pleins de fourberie. (4)”
Al-Rabîʿ raconte : « Nous sommes entrés auprès d’al-Shâfiʿî durant son agonie, al-Buwaitî, al-Muzanî, Muḥammad ibn ʿAbd Allâh ibn ʿAbd al-Ḥakam et moi-même. Al-Shâfiʿî nous regarda longuement, puis se tourna et déclara : “Toi, Abû Yaʿqûb, tu mourras dans tes fers” — il désignait al-Buwaitî. — “Quant à toi, Muzanî, tu connaîtras en Égypte bien des vicissitudes, et tu vivras jusqu’à une époque où tu seras le plus judicieux des hommes de ce temps. Quant à toi, Muḥammad, tu reviendras à l’école juridique de ton père. (5) Et toi, Rabîʿ, tu es de tous le plus utile à la diffusion de mes ouvrages. Lève-toi, Abû Yaʿqûb, et prends la direction du cercle.”