profession exerce-t-il ? » L’un répondit : « C’est un tailleur », l’autre : « C’est un charpentier. » Ils le firent donc venir et l’interrogèrent. L’homme déclara : « J’étais tailleur et, aujourd’hui, je travaille le bois », ou bien : « J’étais charpentier et, aujourd’hui, je couds. » (1)
Al-Rabîʿ rapporte encore : « J’ai entendu al-Shâfiʿî. Un homme originaire de Ṣanʿâ’ se présenta à lui ; lorsqu’il le vit, il lui demanda : “Tu viens de Ṣanʿâ’ ?” — “Oui.” — “Es-tu donc forgeron ?” — “Oui.” » (2)
Il dit également : « J’étais auprès d’al-Shâfiʿî lorsqu’un homme entra. Al-Shâfiʿî lui demanda : “Es-tu tisserand ?” — “J’emploie des ouvriers”, répondit-il. » (3)
Il rapporta encore : « Nous étions chez al-Shâfiʿî quand un homme passa. Al-Shâfiʿî dit : “Cet homme n’est sûrement qu’un tisserand ou un charpentier.” Nous l’appelâmes donc et lui demandâmes : “Quel est ton métier ?” — “Charpentier”, répondit-il. — “Et rien d’autre ?” — “J’ai des garçons qui travaillent pour moi.” » (4)
Harmala raconte : « J’ai entendu al-Shâfiʿî dire : “Méfiez-vous de toute personne frappée d’une infirmité physique, car c’est un démon.” — “Qui sont ces gens-là ?” demandai-je. — “Le boiteux, le strabique, le paralysé et ceux qui leur ressemblent”, répondit-il. »
Il rapporta encore : « Un jour, al-Shâfiʿî eut envie de raisin blanc. Il me donna l’ordre d’en acheter pour un dirham. Lorsqu’il les vit, il les trouva excellents et me demanda : “Ô Abû Muḥammad, chez qui as-tu acheté cela ?” Je lui nommai le vendeur. Il écarta alors le plat de devant lui et dit : “Rends-les-lui et achète-m’en ailleurs.” — “Pourquoi donc ?”, demandai-je. Il répondit : “Ne t’ai-je pas interdit de fréquenter ce blond aux yeux bleus