Parmi ceux qui rapportent les deux avis figure Abû al-Qâsim ar-Râghib (1) dans son Tafsîr (2). Il écrit : « Les savants ont divergé au sujet du Jardin où Adam fut installé ; certains théologiens affirment qu’il ne s’agissait que d’un verger qu’Allah, exalté soit-Il, lui avait préparé à titre d’épreuve, et non de Jannat al-Maʾwâ (le Jardin du refuge). »
Il poursuit : « Quant à ceux qui soutiennent qu’il ne s’agissait pas du Jardin d’éternité (3), ils invoquent l’argument suivant : il n’y a pas de taklîf (obligation juridique) au Paradis, or Adam était astreint au taklîf. »
Et d’ajouter : « On a répondu à cela que le Paradis ne sera pas une demeure de taklîf (4)(5) dans l’Au-delà. Rien n’empêche toutefois qu’à une époque donnée il ait été le siège de prescriptions, puis qu’il cesse de l’être à une autre, tout comme l’être humain est, à certains moments de sa vie, soumis aux obligations légales et, à d’autres, dispensé de celles-ci. »
Abû ʿAbd Allâh Ibn al-Khaṭîb ar-Râzî, dans son Tafsîr (6), mentionne lui aussi la divergence : il rapporte ces deux opinions ainsi qu’un troisième point de vue — à savoir le tawaqquf (suspension de jugement) — et précise : « Tous sont envisageables et l’on ne peut trancher avec certitude », comme nous le rapporterons plus loin.
D’autres exégètes ne retiennent qu’un seul avis : le Jardin en question n’était pas celui de l’éternité, mais un lieu terrestre, situé là où Allah l’a voulu.
Ils ajoutent : le soleil et la lune s’y levaient, et Iblis s’y trouvait lui aussi, avant d’en être expulsé.