Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

par un tel délire des astrologues, délire qui ne séduit que l’ignorant à l’esprit faible ?!

Que l’imam al-Shâfiʿî (1) se soit tenu scrupuleusement à l’écart de cette superstition, voilà ce qu’il faut compter au nombre de ses mérites. Mais prétendre, parmi ses qualités, qu’il aurait pratiqué l’astrologie, adhéré aux prétendues « lois des astres » et les aurait validées (2), c’est agir comme celui qui dénigre tout en croyant louer !

Déjà, al-Shâfiʿî blâmait avec la plus grande sévérité les théologiens spéculatifs ; il les tenait pour méprisables, estimant qu’ils méritaient d’être frappés de rameaux de palmier et promenés de tribu en tribu (3). Que penserait-il donc des astrologues ? Il est trop noble et trop savant pour appliquer une telle sentence aux gens de la vérité, alors même que leurs démonstrations, lorsqu’elles sont exactes, ne dépassent pas les limites évoquées dans ces récits (4).

ʿAbd al-Raḥmân b. Abî Ḥâtim, al-Ḥâkim et d’autres rapportent d’après al-Humaydî que l’imam a dit : « Je me rendis un jour au Yémen afin d’y rechercher les ouvrages consacrés à la firâsa (physiognomonie). Je les copiai tous et les réunis. Sur le chemin du retour, je passai près d’un homme assis, jambes repliées, dans la cour de sa maison ; il avait les yeux bleus, le front proéminent et le nez busqué (5). Je lui demandai : “T’aurait-on un gîte ?” — “Oui”, répondit-il. Or, ajouta al-Shâfiʿî, une telle description est, selon la firâsa, la plus funeste qui soit. Il me fit pourtant descendre chez lui et je découvris l’homme le plus généreux : il me fit porter le dîner, du parfum, du fourrage pour mes montures, un lit et une couverture. Toute la nuit, je me retournais en me disant : ‘Que vais-je faire de ces livres ?!’ Au matin, je déclarai…»

(1) Les manuscrits D et Q portent : « et pour innocenter al-Shafi‘i ». (2) Le manuscrit Q seul lit : « et pour la corriger ». (3) Rapporté par al-Bayhaqi, Manāqib al-Shāfiʿī, 1/426 ; al-Harawi, Dhamm al-kalām, n° 1142 ; Abū Nuʿaym, Ḥilyat al-awliyāʾ, 9/116. (4) Autrement dit : « si elle était authentique ». Cela prouve donc son invalidité. (5) Signifie « sans barbe ». Voir Lisān al-ʿArab, entrée s-n-ṭ.
المنجِّمين الذي لا يروجُ إلا على جاهلٍ ضعيف العقل؟! وتنزُّه الشافعيِّ (١) ﵀ عن هذا هو الذي ينبغي أن يكونَ من مناقبه، فأمَّا أن يُذْكَر في مناقبه أنه كان منجِّمًا يرى القول بأحكام النجوم ويصحِّحها (٢)، فهذا فعلُ من يَذُمُّ بما يظنُّه مدحًا! وإذا كان الشافعيُّ شديدَ الإنكار على المتكلِّمين، مُزْريًا بهم، حكمُه فيهم أن يُضرَبوا بالجَرِيد، ويُطافَ بهم في القبائل (٣)، فماذا رأيه في المنجِّمين؟! وهو أجلُّ وأعلمُ من أن يحكُمَ بهذا الحكم على أهل الحقِّ ومَن قضاياهم في الصِّدق تنتهي إلى الحدِّ الذي ذُكِر في هذه الحكايات (٤). فذكر عبد الرحمن بن أبي حاتم والحاكمُ وغيرهما عن الحُميدي، قال: قال الشافعي: خرجتُ إلى اليمن في طلب كتب الفراسة، حتى كتبتُها وجمعتُها، ثمَّ لما كان انصرافي مررتُ في طريقي برجلٍ وهو مُحْتَبٍ بفناء داره، أزرقِ العين، ناتاء الجبهة، سِنَاط (٥)، فقلتُ له: هل من منزل؟ قال: نعم. قال الشافعي: وهذا النَّعتُ أخبثُ ما يكونُ في الفراسة. فأنزلَني، فرأيتُ أكرمَ رجل؛ بعَث إليَّ بعشاءٍ وطِيبٍ وعَلَفٍ لدوابِّي وفراشٍ ولِحَاف، فجعلتُ أتقلَّبُ الليلَ أجمَع، ما أصنعُ بهذه الكتب؟! فلمَّا أصبحتُ قلتُ
(١) (د، ق): «وتنزيه الشافعي». (٢) (ق): «وتصحيحها». (٣) أخرجه البيهقي في «مناقب الشافعي» (١/ ٤٢٦)، والهروي في «ذم الكلام» (١١٤٢)، وأبو نعيم في «الحلية» (٩/ ١١٦). (٤) أي: لو كانت صحيحة. فهذا يدلُّ على بطلانها. (٥) لا لحية له. «اللسان» (سنط).

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