Et si, par impossible, cette histoire s’avérait exacte, il faudrait louer cette science en joignant nos doigts en signe d’admiration, la saisir fermement des deux mains, et non brûler ses ouvrages, les avilir jusqu’à l’extrême et les jeter en pâture au feu ; or l’on ne réserve pareille attitude qu’aux livres d’absurdités et de pures inepties (1).
De plus, l’ascendant de la naissance (2) ne comporte rien qui exige tout cela, comme nous le montrerons bientôt, si Allah le veut.
Selon les astrologues, il existe deux ascendants :
- l’ascendant du lieu de la conception — l’ascendant originel — qu’il est pratiquement impossible de connaître, sauf dans des cas d’une rareté telle qu’ils échappent presque à l’existence ;
- l’ascendant de la naissance. Les astrologues reconnaissent eux-mêmes qu’il ne renseigne ni sur l’état de l’enfant ni sur les détails de sa vie, car il traduit simplement le passage de l’enfant d’un lieu à un autre. Ils ne l’ont retenu qu’en substitution de l’ascendant originel, devenu pour eux impossible à déterminer.
Or l’anecdote en question ne s’appuie sur aucun de ces deux ascendants : elle prononce un jugement sur le nouveau-né avant même qu’il ne soit sorti, sans prendre en considération son ascendant originel. L’astrologue affirme qu’il est impossible de statuer sur cet enfant dans de telles conditions, et rien, dans l’art des astres, n’autorise un tel verdict. Cela prouve que cette histoire est une pure invention imputée à al-Shâfiʿî.
Il en va de même de la troisième anecdote, également rapportée par al-Ḥâkim, qui rapporte : « ʿAbd al-Raḥmân b. al-Ḥasan, le juge, m’a informé que Zakariyyâ b. Yaḥyâ al-Sâjî la leur avait racontée… »