Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Il disait encore : « Ne t’installe pas dans une ville où ne se trouve ni savant pour t’éclairer sur ta religion, ni médecin pour t’informer de l’état de ton corps. » (1)

Il disait aussi : « Je n’ai rien vu de plus bénéfique contre l’épidémie que la violette : qu’on s’en frictionne et qu’on en boive. » (2)

Telles sont, entre autres, les paroles préservées de lui. Quant à la rumeur selon laquelle il aurait maîtrisé la médecine des Grecs, des Romains, des Indiens et des Perses dans leurs propres langues, il s’agit là d’une pure calomnie — qu’Allah l’en ait protégé.

En somme, quiconque possède quelque science des textes transmis ne peut douter du caractère fallacieux de ce récit ; n’était sa longueur, nous l’aurions reproduit intégralement pour que l’on y voie clairement la marque de la fabrication et de l’artifice.

S’agissant de la seconde histoire, al-Hâkim rapporte : « Abû al-Walîd, le juriste, nous a informés — on m’a transmis, de la part d’al-Ḥasan b. Sufyân, lui-même le tenant de Harmala — qu’al-Shâfiʿî consultait assidûment les traités d’astrologie. Il avait un ami dont la servante était enceinte. Il prédit : “Elle accouchera dans vingt-sept jours ; l’enfant portera sur la cuisse gauche une tache noire ; il vivra vingt-quatre jours, puis mourra.” L’événement se produisit exactement comme il l’avait décrit ; une fois le délai écoulé, l’enfant mourut. Al-Shâfiʿî brûla alors ces ouvrages et ne les consulta plus jamais. » (3)

Cette chaîne de transmission compte certes des narrateurs fiables, mais l’interrogation porte sur la personne qui rapporta cette anecdote à Abû al-Walîd de la part d’al-Ḥasan b. Sufyân, ou sur celle qui la transmit à al-Ḥasan de la part de Harmala.

(1) Adab al-Shafi‘i wa manaqibuhu, p. 322. (2) Adab al-Shafi‘i wa manaqibuhu, p. 324. (3) Cité par al-Bayhaqi dans Manaqib al-Shafi‘i, t. 2, p. 126, d’après la chaîne de transmission d’al-Hakim.
وكان يقول: لا تسكُن ببلدةٍ ليس فيها عالمٌ ينبئك عن دينك، ولا طبيبٌ ينبئك عن أمر بدنك (١). وكان يقول: لم أر شيئًا أنفع للوباء من البَنَفْسَج يُدَّهَنُ به ويُشْرَب (٢). إلى أمثال هذه الكلمات التي حُفِظَت عنه، فأمَّا أنه كان يعلمُ طبَّ اليونان والروم والهند والفُرس بلغاتها؛ فهذا بَهْتٌ وكذبٌ عليه قد أعاذه اللهُ من دعواه. وبالجملة، فمن له علمٌ بالمنقولات لا يستريبُ في كذب هذه الحكاية عليه، ولولا طولها لسُقناها ليتبيَّن أثرُ الصَّنعة والوضع عليها. أمَّا الحكايةُ الثانية، فقال الحاكم: أخبرنا أبو الوليد الفقيه، قال: وحُدِّثتُ عن الحسن بن سفيان، عن حرملة، قال: كان الشافعيُّ يُدِيمُ النظرَ في كتب النجوم، وكان له صديقٌ وعنده جاريةٌ قد حَبِلت، فقال: إنها تلدُ إلى سبعةٍ وعشرين يومًا، ويكونُ في فخذ الولد الأيسر خالٌ أسود ويعيشُ أربعةً وعشرين يومًا، ثمَّ يموت، فجاءت به على النَّعت الذي وَصَف، وانقضت مدَّتُه فمات، فأحرَق الشافعيُّ بعد ذلك تلك الكتب، وما عاودَ النظرَ في شيءٍ منها (٣). وهذا الإسنادُ رجاله ثقات، لكنَّ الشأنَ فيمن حدَّثَ أبا الوليد بهذه الحكاية عن الحسن بن سفيان، أو فيمن حدَّثَ بها الحسن عن حرملة.
(١) «آداب الشافعي ومناقبه» (٣٢٢). (٢) «آداب الشافعي ومناقبه» (٣٢٤). (٣) أخرجها البيهقي في «مناقب الشافعي» (٢/ ١٢٦) من طريق الحاكم.

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