Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

car al-Shâfiʿî ne connaissait absolument pas la langue de ces Grecs, si bien qu’on ne saurait l’entendre affirmer : « Je comprends ce qu’ils ont dit dans leurs propres idiomes. »

De plus, le récit prétend que Muḥammad b. al-Ḥasan se serait plaint d’al-Shâfiʿî auprès du calife ar-Rachîd et aurait voulu le faire exécuter, alors qu’il est notoire que Muḥammad honorait al-Shâfiʿî, l’aimait, et qu’al-Shâfiʿî, de son côté, le respectait et faisait son éloge. Ce fait même réduit ce mensonge à néant.

Par ailleurs, al-Shâfiʿî — qu’Allah lui fasse miséricorde — ne possédait aucune science de la médecine grecque ; il ne tenait que quelques rudiments de la médecine arabe, dont on a conservé çà et là quelques propos. Ainsi interdisait-il de manger de l’aubergine la nuit ou des œufs durs (1) au repas du soir, et il disait : « Étonnant est celui qui soupe d’œufs puis s’endort ; comment peut-il donc vivre ?! » (2).

Il disait encore : « Étonnant est celui qui sort du hammam sans rien manger ; comment peut-il vivre ?! » Et : « Étonnant est celui qui se fait saigner puis mange aussitôt ; comment peut-il vivre ?! » — c’est-à-dire immédiatement après la saignée (3).

Il disait enfin : « Prends garde à avaler le remède de ces médecins lorsque tu n’en connais pas la nature. » (4)

(1) Lecture conforme aux manuscrits. Al-Khalil déclare dans al-ʿAyn, 1/129 : « Toute consonne sad précédant une qaf peut, si l’on veut, être changée en sin, que les deux lettres soient contiguës ou non, pourvu qu’elles appartiennent au même mot ; toutefois, le sad demeure parfois préférable, tandis que le sin convient mieux dans d’autres cas. » Cf. également : al-Kitab, 4/117 ; al-Usul d’Ibn al-Sarraj, 3/431 ; Sharh al-Shafiya, 3/230 ; al-Qalb wa-l-ibdal d’Ibn al-Sikkit, p. 42 ; Risalat al-malaika d’Abu al-ʿAla, p. 22 ; Sharh Adab al-katib d’al-Jawaliqi, p. 177 ; al-Farq bayna al-huruf al-khamsa d’al-Batalyawsi, p. 706 et 709. (2) Manakib al-Shafiʿi, 2/118. (3) Manakib al-Shafiʿi, 2/119. (4) Adab al-Shafiʿi wa-manaqibuh, d’Ibn Abi Hatim, p. 323.
الشافعيَّ لم يعرف لغةَ هؤلاء اليونان البتَّة حتى يقول: إني أعرفُ ما قالوه بلغاتهم. وأيضًا، فإنَّ في هذه الحكاية أنَّ محمد بن الحسن وشَى بالشافعيِّ إلى الرشيد وأراد قتلَه، وتعظيمُ محمدٍ للشافعيِّ ومحبتُه له وتعظيمُ الشافعيِّ له وثناؤه عليه هو المعروف، وهو يدفعُ هذا الكذب. وأيضًا، فإنَّ الشافعيَّ ﵀ لم يكن يعرف علمَ الطبِّ اليوناني، بل كان عنده من طبِّ العرب طَرفٌ حُفِظَ عنه في منثور كلامه بعضُه؛ كنهيه عن أكل الباذنجان بالليل، وأكل البيض المصلوق (١) بالليل، وكان يقول: عجبًا لمن يتعشى ببيضٍ وينام، كيف يعيش؟! (٢). وكان يقول: عجبًا لمن يخرجُ من الحمَّام ولا يأكل، كيف يعيش؟! وعجبًا لمن يحتجم ثمَّ يأكل، كيف يعيش؟! يعني عقب الحجامة (٣). وكان يقول: احذر أن تشربَ لهؤلاء الأطباء دواءً لا تعرفُه (٤).
(١) كذا في الأصول. وقال الخليل في «العين» (١/ ١٢٩): «كلُّ صادٍ قبل القاف إن شئتَ جعلتها سينًا، لا تبالي متصلةً كانت بالقاف أو منفصلة، بعد أن تكونا في كلمة واحدة، إلا أنَّ الصاد في بعض الأحيان أحسن، والسِّين في مواطن أخرى أجود». وانظر: «الكتاب» (٤/ ١١٧)، و «الأصول» لابن السراج (٣/ ٤٣١)، و «شرح الشافية» (٣/ ٢٣٠)، و «القلب والإبدال» لابن السكيت (٤٢)، و «رسالة الملائكة» لأبي العلاء (٢٢)، و «شرح أدب الكاتب» للجواليقي (١٧٧)، و «الفرق بين الحروف الخمسة» للبطليوسي (٧٠٦، ٧٠٩). (٢) «مناقب الشافعي» (٢/ ١١٨). (٣) «مناقب الشافعي» (٢/ ١١٩). (٤) «آداب الشافعي ومناقبه» لابن أبي حاتم (٣٢٣).

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