— et j’ai tout lieu de croire que j’étais présent à cette audition — : Abû Isḥâq Ibrâhîm b. Muḥammad b. al-ʿAbbâs al-Azdî, accompagné d’autres rapporteurs, nous raconta : « Muḥammad b. Abî Yaʿqūb al-Jawwâl ad-Dînawarî nous transmit : ʿAbdallâh b. Muḥammad al-Balawî nous transmit : mon oncle ʿImâra b. Zayd me transmit ceci :
“J’entretenais des liens d’amitié avec Muḥammad b. al-Ḥasan. Un jour, j’entrai avec lui chez Hârûn ar-Rachîd ; celui-ci le questionna (1). Puis j’entendis Muḥammad b. al-Ḥasan déclarer : ‘Muḥammad b. Idrîs prétend qu’il est digne du califat.’
À ces mots, Hârûn entra dans une vive colère et s’écria : ‘Qu’on me l’amène !’ Lorsqu’il (al-Shâfiʿî) fut introduit devant lui, il garda la tête baissée un instant, puis la releva. Le calife lança : ‘Eh bien !’ Al-Shâfiʿî répondit : ‘Que signifie ce “Eh bien !”, ô Commandeur des croyants ? C’est toi qui m’as convoqué, et moi le convoqué ; toi l’interrogateur, et moi celui qui doit répondre.’
Suit un long récit dans lequel le calife l’interroge sur les diverses sciences et l’étendue de ses connaissances, jusqu’à lui demander :
— “Quelle est ta science des astres ?”
— “Je connais la sphère tournante, l’étoile errante, le pôle fixe, la planète aquatique, la planète ignée, ce que les Arabes appelaient les anwâʾ (constellations annonciatrices de pluie), les stations des deux luminaires – le soleil et la lune –, le mouvement direct et le rétrograde, les influences néfastes et favorables, leurs configurations et leurs natures. Grâce à cela, je m’oriente sur terre et sur mer ; je m’en sers pour déterminer les moments (2) de mes prières ; je connais le temps écoulé à chaque crépuscule et à chaque aube, et durant mes voyages.”
Le calife poursuivit :
— “Et ta science de la médecine ?”
— “Je connais les enseignements des Grecs : Aristote, Mahararis (3), Porphyre (4), Galien et Hippocrate,”