car il vécut jusqu’à voir, parmi sa descendance, quarante mille foyers, lesquels se dispersèrent sur la surface de la terre. L’absence de nouvelles de leur part l’attristait ; Dieu, exalté soit-Il, l’honora donc de cette science, si bien que, chaque fois qu’il voulait connaître l’état de l’un d’eux, il appliquait ce calcul et découvrait aussitôt sa situation. Il ne s’agit là de rien d’autre que de l’une des innombrables affabulations des astrologues et des matérialistes, de leurs mensonges et de leurs calomnies imputées à Adam. Ils ont simplement mis en pratique le proverbe bien connu : « Si tu mens, cherche un témoin lointain » (1).
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Quant à l’allégation selon laquelle al-Shâfiʿî aurait, grâce aux astres (2), déterminé la durée de vie de ce nouveau-né, on lui attribue dans ce domaine des jugements d’une telle subtilité que les plus chevronnés des astrologues seraient incapables d’en produire l’équivalent.
Je pense que celui qui a induit l’auteur en erreur est Abû ʿAbd Allâh al-Hâkim. En effet, celui-ci composa un volumineux ouvrage intitulé « Les Mérites d’al-Shâfiʿî » (3), où il classa les sciences du maître par chapitres et écrivit : « Chapitre vingt-quatre : sa connaissance du mouvement des planètes, tirée de la science des étoiles. » Il y rapporte des anecdotes laissant entendre qu’al-Shâfiʿî validait les jugements astrologiques.
Cet ouvrage parvint ensuite à al-Râzî, qui le remania, y ajoutant et retranchant, puis composa son propre « Mérites d’al-Shâfiʿî » à partir de ce livre. Pourtant, celui d’al-Hâkim contient des enseignements et des traditions qu’al-Râzî n’a pas abordés.
Ce qui abusa al-Hâkim dans ces récits, c’est la facilité avec laquelle il accepta leurs chaînes de transmission ; nous les exposerons en détail.