Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

En vérité, ce phénomène ne se limite pas à l’homme ; nombre d’animaux, eux aussi, savent repérer l’arrivée de la pluie, du beau temps, du froid et d’autres changements, comme l’ont rapporté les spécialistes dans les ouvrages consacrés au monde animal.

Ainsi, le cheval au tempérament rétif, dès qu’il aperçoit de loin la bride, s’affole, se cabre et mord celui qui tente de la lui passer, conscient de ce qui l’attend une fois harnaché.

Quant à la fourmi, lorsqu’elle emmagasine des grains dans son nid, elle les brise en deux, sachant qu’une graine intacte germerait, alors qu’une graine cassée ne germe plus. Si elle stocke des grains de coriandre (1), elle les fractionne en quatre, car elle sait que ce type de graine germerait encore si elle n’était qu’à moitié brisée.

Le chat, pour sa part, enterre ses excréments et les recouvre de terre ; il sait que les souris fuient son odeur et qu’il manquerait alors sa proie. Il les flaire d’abord ; s’il juge l’odeur trop forte, il les enfouit de manière à faire disparaître à la fois l’odeur et la matière, sinon il se contente d’un recouvrement sommaire.

De même, le lion, lorsqu’il avance sur un sol meuble (2), traîne sa queue sur l’empreinte de ses pattes afin de l’effacer, sachant que le passant pourrait remarquer la trace de ses pas antérieurs et postérieurs.

Lorsqu’un chat s’est attaché à une demeure, il interdit farouchement à tout autre chat d’y pénétrer et les combat avec acharnement, bien qu’ils soient de son espèce ; il sait en effet que ses maîtres pourraient trouver l’intrus à leur goût, le préférer à lui, ou partager la nourriture entre eux deux. S’il dérobe quelque chose de la réserve des occupants de la maison, il prend la fuite, conscient des coups qui l’attendent ; et lorsqu’ils le frappent, il redouble de flatterie, se frotte contre eux et leur lèche les pieds (3), sachant

(1) Il s’agit de la coriandre. Al-Baʿlî note dans al-Mutliʿ, p. 129 : « Malgré mes recherches approfondies, la consultation des ouvrages de langue et les questions posées à nombre de mes maîtres, je ne l’ai jamais trouvée prononcée avec la consonne f ». (2) Autrement dit : un sol meuble. (3) C’est-à-dire : il l’a léchée.
بل هذا أمرٌ لا يختصُّ بالإنسان، بل كثيرٌ من الحيوان يعرفُ أوقاتَ المطر والصَّحو والبرد وغيره، كما ذكره الناسُ في كتب الحيوان. والفرسُ الرديءُ الخُلُق إذا رأى اللِّجام من بعيدٍ نَفَرَ وجزعَ وعضَّ من يريدُ أن يُلْجِمَه، علمًا منه بما يكونُ بعد اللِّجام. وهذه النملةُ إذا خزَنت الحَبَّ في بيوتها كَسَرَتْه نصفَين، علمًا منها بأنه ينبتُ إذا كان صِحاحًا، وأنه إذا تكسَّر لا ينبت، فإذا خزَنت الكُسْفُرة (١) كسرَتها بأربعة أرباع، علمًا منها بأنها تنبتُ إذا كُسِرَت بنصفين. وهذا السِّنَّور يدفنُ أذاهُ ويغطِّيه بالتراب، علمًا منه بأنَّ الفأرَ يهربُ من رائحته، فيفوتُه الصَّيد، ويشمُّه أوَّلًا فإن وجَد رائحتَه شديدةً غطَّاه بحيث يواري الرَّائحةَ والجِرْم، وإلا اكتفى بأيسر التغطية. وهذا الأسدُ إذا مشى في لِينٍ (٢) سَحَبَ ذنبَه على آثارِ رجليه ليغطِّيها، علمًا منه بأنَّ المارَّ يرى مواطاءَ رجليه ويديه. وإذا ألِفَ السِّنَّورُ المنزلَ منَع غيرَه من السَّنانير الدخولَ إلى ذلك المنزل، وحاربهم أشدَّ محاربة، وهم مِن جنسه؛ علمًا منه بأنَّ أربابَه ربما استحسنوه وقدَّموه عليه، أو شاركوا بينه وبينه في المطعم، وإن أخَذ شيئًا مما يخزُنه أصحابُ المنزل عنه هرَب، علمًا منه بما يكونُ إليه منهم من الضَّرب، فإذا ضربوه تملَّقهم أشدَّ التملُّق، وتمسَّح بهم، ولَطَعَ أقدامهم (٣)، علمًا منه
(١) هي الكزبرة. قال البعلي في «المطلع» (١٢٩): «لم أرها تقال بالفاء، مع شدَّة بحثي عنها، وكشفي من كتب اللغة، وسؤالي كثيرًا من مشايخي». (٢) أي: أرضٍ لينة. (٣) أي: لحَسَها.

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