En vérité, ce phénomène ne se limite pas à l’homme ; nombre d’animaux, eux aussi, savent repérer l’arrivée de la pluie, du beau temps, du froid et d’autres changements, comme l’ont rapporté les spécialistes dans les ouvrages consacrés au monde animal.
Ainsi, le cheval au tempérament rétif, dès qu’il aperçoit de loin la bride, s’affole, se cabre et mord celui qui tente de la lui passer, conscient de ce qui l’attend une fois harnaché.
Quant à la fourmi, lorsqu’elle emmagasine des grains dans son nid, elle les brise en deux, sachant qu’une graine intacte germerait, alors qu’une graine cassée ne germe plus. Si elle stocke des grains de coriandre (1), elle les fractionne en quatre, car elle sait que ce type de graine germerait encore si elle n’était qu’à moitié brisée.
Le chat, pour sa part, enterre ses excréments et les recouvre de terre ; il sait que les souris fuient son odeur et qu’il manquerait alors sa proie. Il les flaire d’abord ; s’il juge l’odeur trop forte, il les enfouit de manière à faire disparaître à la fois l’odeur et la matière, sinon il se contente d’un recouvrement sommaire.
De même, le lion, lorsqu’il avance sur un sol meuble (2), traîne sa queue sur l’empreinte de ses pattes afin de l’effacer, sachant que le passant pourrait remarquer la trace de ses pas antérieurs et postérieurs.
Lorsqu’un chat s’est attaché à une demeure, il interdit farouchement à tout autre chat d’y pénétrer et les combat avec acharnement, bien qu’ils soient de son espèce ; il sait en effet que ses maîtres pourraient trouver l’intrus à leur goût, le préférer à lui, ou partager la nourriture entre eux deux. S’il dérobe quelque chose de la réserve des occupants de la maison, il prend la fuite, conscient des coups qui l’attendent ; et lorsqu’ils le frappent, il redouble de flatterie, se frotte contre eux et leur lèche les pieds (3), sachant