Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ceci s’apparente aux indices sur lesquels le médecin, l’agriculteur ou le naturaliste se fondent pour conclure à des réalités encore cachées, selon ce qu’impliquent ces signes.

Ainsi, si le médecin observe qu’une plaie est circulaire, il juge qu’elle guérira difficilement ; s’il la voit allongée, il estime qu’elle cicatrisera plus vite.

Il en va de même des repères utilisés par les marins (1) et autres professionnels.

Quiconque examine ce qu’Hippocrate a consigné au sujet des signes annonciateurs de la mort y découvre des choses étonnantes (2) ; ces indices n’en demeurent pas moins exacts et éprouvés.

De même, le capitaine de navire porte des jugements (3) sur ce qui va se produire en mer ou dans les vents à partir de signes qui le lui indiquent : le lever ou le coucher d’un astre, ou d’autres marqueurs. Il déclare alors : « Il tombera de la pluie », ou : « Tel et tel vent va se lever », ou encore : « La mer sera agitée à tel endroit et à telle heure », et les événements se déroulent comme il l’a annoncé.

Le cultivateur, pour sa part, lit certains indices et affirme : « Cet arbre sera atteint par telle affection et se desséchera à telle époque ; celui-ci ne portera pas cette année, celui-là portera ; telle plante subira tel ou tel fléau », en vertu de signes dont lui seul possède la connaissance.

(1) Pluriel de « buhran », qui désigne l’évolution soudaine chez un malade ; le terme a déjà été expliqué. On rencontre aussi le pluriel « buhranat ». Voir : al-Fihrist, p. 361 ; Zad al-Maad, t. 4, p. 100 ; Tuhfat al-Mawdud, p. 210. (2) Le Muʿjam al-Matbuʿat al-ʿArabiyya (p. 23, 801) indique que le traité Dalail qurb al-mawt (Signes de la proximité de la mort) attribué à Hippocrate a été imprimé à Lucknow en 1284 H. Ibn Sina et al-Razi ont repris un grand nombre de ces signes dans le Qanun et le Hawi. (3) Les manuscrits portent « ʿilm » ; il s’agit d’une erreur de copie.
وهذا نظيرُ الأسباب التي يستدلُّ بها الطبيبُ والفلَّاح والطبائعيُّ على أمورٍ غيبيَّةٍ بما تقتضيه تلك الأدلة. مثالُه: الطبيبُ إذا رأى الجرحَ مستديرًا حكمَ بأنه عَسِرُ البرء، وإذا رآه مستطيلًا حكمَ بأنه أسرعُ برءًا. وكذلك علاماتُ البَحَارِين (١)، وغيرها. ومن تأمَّل ما ذكره بقراطُ في علائم الموت رأى العجائب (٢)، وهي علاماتٌ صحيحةٌ مجرَّبة. وكذلك ما يحكُم (٣) به الرُّبَّانُ في أمورٍ تحدثُ في البحر والرِّيح بعلاماتٍ تدلُّ على ذلك، من طُلوع كوكبٍ أو غروبه أو علاماتٍ أخرى، فيقول: يقعُ مطرٌ، أو يحدثُ ريحُ كذا وكذا، أو يضطربُ البحرُ في مكان كذا ووقت كذا، فيقعُ ما يحكمُ به. وكذلك الفلَّاحُ يرى علاماتٍ فيقول: هذه الشجرةُ يصيبها كذا، وتيبسُ في وقت كذا، وهذه الشجرةُ لا تحمِلُ العام، وهذه تحمِل، وهذا النباتُ يصيبه كذا وكذا؛ لِمَا يرى من علاماتٍ يختصُّ هو بمعرفتها.
(١) جمع «بُحْران»، وهو التغيُّر الذي يحدث للعليل فجأة. وسبق تفسيره. ويجمع أيضًا على «بُحرانات». انظر: «الفهرست» (٣٦١)، و «زاد المعاد» (٤/ ١٠٠)، و «تحفة المودود» (٢١٠). (٢) ذكر في «معجم المطبوعات العربية» (٢٣، ٨٠١) أنَّ رسالة «دلائل قرب الموت» لبقراط طبعت في لكناو سنة ١٢٨٤. وأورد ابن سينا والرازي في «القانون» و «الحاوي» جملةً كثيرة من تلك الدلائل. (٣) في الأصول: «علم». وهو تحريف.

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