dans ce signe cardinal, leur réunion ne ferait-elle pas, selon vous, gagner encore en puissance ?!
Or, vos propres spécialistes affirment (1) que la lune, lorsqu’elle séjourne dans le Scorpion, n’est jamais de bon augure, fût-elle conjointe aux planètes bénéfiques.
Ils vont plus loin : les planètes bénéfiques elles-mêmes, disent-ils, deviennent maléfiques dans ce signe ; dès qu’elles y pénètrent, leur influence se retourne. C’est pourquoi vous soutenez que le soleil, lorsqu’il se trouve dans le Scorpion, devient lui aussi maléfique et s’affaiblit considérablement (2), même s’il est accompagné des deux astres bénéfiques, c’est-à-dire Jupiter et Vénus.
Supposons cependant que l’on renverse votre démonstration et que l’on dise : lorsque les planètes bénéfiques pénètrent dans ce signe, leur action s’intensifie et se renforce mutuellement ; leur conjonction accroît la félicité et le signe n’a pas la puissance de les corrompre. La présence de Saturne et de Mars, les deux planètes maléfiques, dans ce même signe (3) n’implique nullement que les planètes bénéfiques deviennent néfastes ; si même quelqu’un prétendait que leur influence heureuse agit sur le caractère maléfique du signe, son propos serait de la même trempe que le vôtre.
C’est bien dans ce sens qu’Abû Nasr al-Fârâbî a dit : « Sache que, si tu inversais les données des astrologues en déclarant bénéfique ce qu’ils tiennent pour maléfique, et maléfique ce qu’ils tiennent pour bénéfique, chaud ce qu’ils estiment froid, et inversement, puis que tu rendes tes jugements, tes sentences appartiendraient exactement au même genre que les leurs : tantôt justes, tantôt erronées. » (4)
Section
- Quant au récit qu’il avance, attribué à ʿAlî ﵁, selon lequel un homme vint le trouver et lui dit :