et la malfaisance sape la fortune de ceux qu’elle atteint ; il faudrait donc que la lune se trouvât dans un signe de bon augure, car le bon augure profite tandis que le maléfique nuit.
De plus, ce signe est, selon eux, celui de la chute de la lune ; or, lorsqu’un astre se tient dans son lieu de chute, le projet que l’on poursuit ne se réalise pas, bien au contraire : il se retourne contre son auteur, car l’astre déchu, à leurs yeux, est comparable à un astre renversé (1).
Ils ajoutent encore que la lune est, pour eux, la maîtresse de la neuvième maison du Scorpion ; si cette maîtresse est affligée, le voyage devient blâmable, puisque la neuvième maison est liée au voyage.
En somme, le Scorpion est, pour la lune, le plus néfaste de tous les signes, absolument (2).
C’est pourquoi – disent-ils – il faut se garder de voyager quand la lune séjourne dans le Scorpion.
Celui qui, dans ces circonstances, se détourne du voyage ne le fait donc qu’en vertu de sa science et de sa raison ; or le commandeur des croyants, ʿAlî ibn Abî Tâlib, le plus intelligent et le plus savant des hommes de son temps (3), avait d’autant plus de raison de le réprouver.
Selon eux, cette réserve ne concerne pas seulement le voyage : ils condamnent toute initiative et tout choix lorsque la lune est dans le Scorpion. Comme la lune est l’astre dont le mouvement est le plus rapide, elle est, à leurs yeux, le meilleur indicateur des choses sujettes au changement ; or le voyage est justement une affaire changeante, tandis que le Scorpion est un signe fixe, immuable (4).